Le ruisseau du Muhlbach

IMG_20201031_142540.jpg
IMG_20201018_164207.jpg
Muhlbach en 1760.jpg
IMG_20201018_164620.jpg
IMG_20201031_143819.jpg
Le Muhlbach et le moulin d’autrefois à Blodelsheim

 

Ruisseau appelé jadis aussi le « ruisseau des moulins »

 

Le Muhlbach ou canal des moulins est un petit ruisseau au tracé naturel sur le territoire de Blodelsheim. Situé à l’Est de l’agglomération il chemine du Sud au Nord sur environ 4,7 km à travers le ban communal.

 

Il couvre une distance approximative de 40 km du Sud au Nord du département du Haut Rhin. Alimenté à son point de départ par le canal de la Hardt au Sud-Ouest d’Ottmarsheim, pour se jeter dans le grand Canal d’Alsace au niveau de Volgelsheim. Plusieurs prises d’eau sur le Canal d’Alsace favorisent un débit régulier et constant sur toute sa distance. Il traverse ainsi le ban d’une douzaine de communes situées le long de la frange rhénane.

 

Sa particularité repose sur son caractère sinueux naturel, (malgré quelques rectifications suite aux divers remembrements). Une végétation arbustive préservée par endroit permet à la faune locale de trouver refuge et nourriture. La qualité des eaux fait l’objet d’un suivi et à des ressources piscicoles non négligeables.

Il joue également un rôle économique important dans la mesure où il permet une bonne irrigation par aspersion des cultures situées à proximité. Resté à sec de nombreuses décennies, à la fin du 19ème siècle, il est remis en service après la fin des travaux du Canal d’Alsace du bief d’Ottmarsheim.

 

Le Muhlbach a une très longue histoire, son destin fut lié, depuis des siècles à la vie des collectivités riveraines. Comme son nom l’indique sa vocation première, autrefois était d’actionner des moulins à grains ; pas moins que huit moulins exploitaient le courant entre Ottmarsheim et Volgelsheim. Ces moulins à grains avaient une importance capitale dans l’alimentation en produit farineux des habitants.

 

Avant l’endiguement du Rhin, le Muhlbach était alimenté par les eaux du fleuve capricieux. De nombreux problèmes marquèrent et perturbèrent ce petit cours d’eau. Lors des crues saisonnières du Rhin, le lit du Muhlbach en amont de Blodelsheim fut souvent comblé par du sable et du gravier. Ce qui avait comme conséquence de mettre le lit à sec et provoquait le chômage des moulins. Il s’avérait assez compliqué de le dégager surtout si le comblement avait eu lieu sur le territoire de plusieurs communes en amont. Souvent après de longs pourparlers avec les responsables locaux ou régionaux, le dégagement pu s’opérer grâce à une nombreuse main d’œuvre.

 Il restait également à sec au cours de périodes de sécheresse, le niveau du Rhin étant trop bas. Tout ceci provoquait de nombreux préjudices à l’exploitation des dits moulins.

Actuellement le Muhlbach constitue une richesse en eau remarquable de notre contrée de la Hardt Rhénane  dont la sécheresse proverbiale avait sa renommée. Son aspect naturel rehausse la valeur et le charme de nos paysages dégarnis de toute végétation autre que les céréales, essentiellement le maïs de nos jours.

Un syndicat constitué de membres des localités riveraines veille à la gestion et à l’entretien. Ces interventions sont appréciables sur l’environnement immédiat du petit ruisseau.

 

En partie, extrait du document : Conservatoire des sites alsaciens.

 

Par Pascal MAURER / ADHR – Série C 1267

Le moulin d’autrefois à Blodelsheim

 

Le canal des moulins qui débouche loin en amont de Blodelsheim est alimenté par les eaux du Rhin qui est dirigé jusqu'à Volgelsheim pour alimenter huit moulins existants nous apprend un texte ancien.

 

Il exista donc autrefois un moulin sur le ban communal de Blodelsheim. Un canton du ban communal est toujours appelé, aujourd’hui encore, àn d’r Mehli (au moulin) qui atteste l’existence d’un moulin par le passé.

 

Ce moulin a disparu à la fin du XIXème siècle et fut situé sur le Muhlbach, en aval du pont de la route qui mène du village vers la RD 52 qui longe le Canal d’Alsace.

Première mention du moulin déjà en 1303

 

Le dictionnaire des communes du Haut Rhin nous signale qu’un moulin est déjà cité en 1303 à Blodelsheim.

 

Ce moulin en question était sans doute une petite fabrique artisanale qui avait son importance dans l’alimentation des populations quant à la fabrication des farines, mais il s’agissait aussi une source de revenu pour la commune.

 

De tout temps la céréaliculture avait son importance étant donné qu’un impôt en nature fut  à payer qui varia entre 100 à 120  Viertel  ou rézeaux de différentes céréales. (1 rézal : env. 90 kg).

 

Petit texte daté du 14 avril 1624, traduite faite par Emile Decker (historien local 1927-2020) d’un texte en allemand qui fut très difficile à déchiffrer.

Moulin en 1838.png

L’an 1624, Mons. De STADION rend responsable Mons. TRUKSESS (?) sur les plaintes que lui faisait le 4 avril de la dite année que le pêcheur de Blodelsheim le troublait dans la juridiction à cause de la pêche en arrêtant l’eau qui allait dans le canal du moulin de Blodelsheim, empêchant la pêche ainsi, le pêcheur répond que ce n’est pas un cours d’eau ordinaire mais un canal, quand les eaux du Rhin sont abondantes et qu’a son reflux il est permis en tel endroit de pêcher.

 

Petit rapport daté du 28 septembre 1627 conservé aux ADHR de Colmar. Texte classé en Série E 1295.

 

En 1625, le meunier Hans Jerg paya  la location du foncier en nature consistant de 2 rézeaux de seigle et un rézal d’avoine.

 

Loyer en 1678-1679

 

Le loyer du moulin communal de l’année 1678 et jusqu’au 1er mars 1679 est de 96 Gulden (florin). Le rendement pour les 2 premiers mois de 1679 est de 21 Viertel (rézeaux).

 

Mais ce moulin fut aussi, pendant des siècles durant, une source de conflits et d’ennuis comme nous le font découvrir différents documents anciens des ADHR (archives départementales du Haut-Rhin).

 

En 1760, une affaire en justice liée au moulin

 

Une affaire en justice à l’encontre du meunier locataire démontre les nombreux ennuis pour le bon fonctionnement de l’installation.

 

Le moulin resta à l’arrêt par manque d’eau dû à une sécheresse ou en hiver le cours d’eau gela par grand froid, ou encore des crues saisonnières du Rhin qui obstruèrent l’alimentation du Muhlbach. En cas de chômage forcé du moulin, le meunier avait droit à une réduction de loyer, ce qui n’arrangea pas les revenus de la commune.

 

Quelques faits marquants se rapportant au moulin 

 

  • en mai 1790 on signale que le Muhlbach est resté sans eau pendant six semaines

  • en 1791 le moulin fut à l’arrêt pendant dix semaines

  • en 1799 au 1er trimestre il s’arrêta pendant six semaines dut au grand froid

  • en avril 1800 il s’arrêta de nouveau pendant 18 jours par manque d’eau

 

A noter aussi que le changement fréquent de locataire n’était pas avantageux pour la bonne marche du moulin.

Toutes les réparations et confections d’ouvrages sont à la charge du meunier locataire. Si pendant la durée du bail il fut obligé d’acheter de nouvelles meules, elles le furent à ses frais.

Le meunier moudra de préférence pour les habitants de Blodelsheim, il broya le chanvre également à ceux de la commune.

Il fut obligé de gérer l’eau du canal du moulin sans recours de la commune, mais la commune fut obligée de nettoyer le canal.

Si lors d’un bail, par sécheresse ou grand gel ou fait accidentel n’ayant pu être imputé au meunier et que le moulin venait à chômer pendant 6 semaines consécutives, la commune lui fit une remise de loyer.

 

Facture pour un meunier en 1795

 

Facture pour Benedikt DECKERT meunier (31 mars 1795) traduction de l’allemand.

 

Aujourd’hui 11 germinal An 3 de la République française, s’est réuni le C. M. avec le meunier pour discuter du loyer pour l’année.

 

Il a moulu au cours de l’année1790 Viertel de Méteil, 30 Viertel de blé (froment). Mais il s’est avéré qu’on cours de l’année, le moulin était à l’arrêt pendant six semaines par manque d’eau dans le Muhlbach, de ce fait le meunier ne put moudre.

 

 Le C. M. est d’avis que le meunier mérite une réduction du loyer vu que l’installation eut un arrêt forcé de 6 semaines.

 

La gestion du moulin de Blodelsheim sur le Muhlbach fut une source de conflits dans les années 1760 - 1770 - 1780 !

 

Textes originaux classés aux ADHR de Colmar qui l’attestent. Circulaires classées.

 

Ces copies de l’original décrivent des problèmes récurrents entre Rumersheim et Blodelsheim concernant le Muhlbach et l’alimentation en eau à partir du territoire de Rumersheim.

 

Monsieur LUCE – Intendant d’Alsace

 

Renvoyé à Mons. de CLINCHAMPS, directeur des Ponts et Chaussées, pour vérifier l’exposé en la dite requête et de nous donner son avis. Fait à Strasbourg, le 14-1-1760 / signé Lucé.

 

Supplie très humblement les prévôts, jurés et habitants de la commune de Rumersheim, Bailliage de Landser, disant que la communauté de Blodelsheim dépendant du même Bailliage étant propriétaire d’un moulin situé au ban de Blodelsheim.

Celle-ci prétend avoir le droit de tirer l’eau du Rhin par un canal sur le dit moulin, droit que les suppliants ne contestent point autant que le meunier de Blodelsheim n’empiète point avec le dit canal sur les biens des suppliants où qu’il ne fassent des entreprises qui leurs soient préjudiciables.

 

Jacques DECKERT, bourgeois meunier de Blodelsheim ayant possédé à titre de bail simple le moulin depuis 1753. Jusqu’en 1759 ils prétendent qu’à la fin de l’année 1758 que les suppliants lui avaient comblé de sable et de gravier l’embouchure du dit canal au point que l’eau du Rhin n’y entrait plus et que par là son moulin fut à l’arrêt étant sans eau. Dans cette persuasion il présenta sa requête à votre Grandeur, le mois de janvier 1759 tant contre la commune de Blodelsheim que contre celle des suppliants (Rumersheim) aux fins d’être condamné a … le dit canal en 1200 livres pour forme de dommage et intérêts résultant de la non jouissance de son moulin causé par le fait des suppliants de cette requête fut répondu le 11 janvier d’un renvoi à Mons. NEEF Bailly de Landser pour le communiquer aux prévôts et préposés. Reçu leurs réponses et pour le tout renvoyé avec son avis être ordonné ce qu’il appartiendra.

 

Qu’en exécution de cette ordonnance, le Sieur NEEF fit appeler par devant lui toutes les parties intéressées auxquelles il communiqua le tout, mais celle ayant été contraire en leurs faits qu’elles ont allégués de part et d’autre, il a jugé à propos pour être mis à même pouvoir donner son avis, sûr et solide de voir lui-même les lieux.

Raison pour laquelle il ordonna par son premier procès-verbal dressé du dire des dites parties que descende est préjudiciable et au cas que le premier soit irréparable (canal) si on ne peut point conduire le nouveau canal par un autre endroit moins nuisible aux biens et terres des suppliants (Rumersheim) que celui que le dit RUDOLPH a déjà commencé, de quoi il sera dressé procès-verbal, sauf ensuite aux suppliants de former telle demande qu’ils aviseront bon et être, et cependant sans préjudice du droit des parties au principal, ordonné par provision que le dit RUDOLPH cessera de continuer à creuser son nouveau canal.

Sous peine de désobéissance et de tous dépends dommages et intérêts jusqu’à définition de causes et sera signé à l’original :

 

Jean RIETSCH – Ignace RIETSCH

 

Vu la présente requête, notre ordonnance de renvoi du 14 janvier dernier étant en tête, celle de Mons. de CLINCHAMPS directeur des Ponts et Chaussées, et le procès-verbal dressé en conséquence le 12 février suivant par le Sieur WEISS, inspecteur du quelle il résulte que le canal que le nommé RUDOLPH a commencé à faire creuser n’est point une nouvelle œuvre ; qu’il n’est question de sa part que de rétablir un ancien canal pour se procurer la mise en eau qui lui appartient de droit, et que le dit canal ne peut porter aucune préjudice aux héritages des suppliants. Et vue des lieux seraient faite par lui en présence du Sieur BRODHAG prévôt d’Ottmarsheim, homme expérimenté et connaissant le cours du Rhin et celle des parties intéressées où dûment appelées et s’étant en conséquence transporté, accompagné des dits parties et du dit expert dans l’endroit où était l’objet de la contestation.

Il a reconnu de même que le dit expert que l’exposé de la requête de DECKERT, meunier,  ne contenait pas la vérité que tout le contraire s’était vérifier par la descente de tout quoi aussi bien que des raisons et dires alléguer par les parties, il a dressé son procès-verbal et sur le renvoi qui a été fait ensemble des éclaircissements à Votre Grandeur ordonnance définitive serait intervenue le 15 février qui a débouter le dit DECKERT meunier de sa demande et condamné aux dépens.

Aujourd’hui il se présente une nouvelle difficulté dont Jean RUDOLPH bourgmestre, régent la communauté de Blodelsheim, homme toujours inquiet et jaloux de la bonne harmonie de ses voisins.

Ce même RUDOLPH devant s’être rendu adjudicataire de la jouissance du moulin en question pour quelques années s’est avisé dans le courant de ce mois de son propre mouvement et autorité privée de changer le vieux canal du dit moulin et d’en creuser un nouveau, au moyen duquel les suppliants courent le risque, qu’en cas de grand Rhin non seulement les îles où ils ont leurs pâturages, mais même leurs prés et terres labourables seront inondés, que joint à cela RUDOLPH a construit une digue qui empêche les suppliants de chasser leurs bestiaux aux pâturages, ce qui porterait un dommage et perte irréparable aux suppliants si le dit RUDOLPH était autorisé de continuer son entreprise.

Dans le cas indispensable de se pourvoir contre le dit RUDOLPH pour prévenir cette perte notable pour les suppliants, pour quel effet, ils ont l’honneur de vous présenter leur humble requête.

Ce considéré, Monseigneur, vu l’exposé ci-dessus, il plaise à votre Grandeur, commettre Mons. NEEF, juge naturel des parties ou tel autre personne qu’il vous plaira nommée, pour en présence d’experts qu’il sera autoriser à nommer d’office et accompagné des parties intéresser, se transporter sur les lieux à l’effet de voir, et reconnaître si ce vieux canal est entièrement impraticable et irréparable pour y conduire l’eau sur le dit moulin, et si le nouveau que RUDOLPH entend faire, ensemble l’avis de Mons. de CLINCHAMPS.

 

Nous, Intendant d’Alsace avons déclaré les suppliants mal fondé, en leur demande et en conséquence les avons débouté, autorisant le Sieur RUDOLPH à continuer le dit canal jusqu'à son entière perfection, à la charge néanmoins par lui de faire diriger les ouvrages de manière que les héritages des suppliants ne soient endommager en aucune façon, à peine d’en répondre en son propre et privé nom, et devoir comblé à ses frais.

Fait à Strasbourg le 23 mars 1760

Signé : LUCE

 

Avec entête : renvoyé à Mons. De CLINCHAMPS pour vérifier et donner son avis.

 

 A Strasbourg le 20 janvier 1769 – signé DESMARAIS

 

Monsieur de BLAIRE…

 

Supplie humblement les prévôts, préposés de la communauté de Rumersheim disant que le procédé que Jean HASSLER, meunier de Blodelsheim a entrepris en l’année dernière en saignant le Rhin à un lieu et demi au-dessus de son moulin pour enlever l’eau et la conduire à travers le ban des suppliants (de Rumersheim) à son moulin, ce qui leur cause un dommage considérable et pourrait par la suite leur enlever les meilleurs terres.

Ce qui les a mis dans la nécessité de recourir à votre autorité pour être sur ce pourvu, à quel effet ils ont l’honneur de présenter leur requête. Cependant qu’on travailla à lever un plan local pour justifier et prouver le tort du dit HASSLER, celui avisé de faire une nouvelle jonction et creuser conjointement avec son beau-frère un fossé le dernier décembre, à l’entrée de la mienne, en sorte que nos seulement les suppliants avec encore plusieurs autres de la province se trouveraient exposés à des inondations qui entraîneraient leur ruine. C’est ce qui les nécessite encore de recourir à l’autorité de Votre Grandeur, et à cet effet ont l’honneur de présenter leur très humble requête.

Ce considéré, Monseigneur, vu ce que dessus il vous plaise à votre Grandeur, faire déférence au dit HASSLER de faire creuser un fossé pour y conduire de l’eau du Rhin à travers le ban des suppliants (Rumersheim) à son moulin et leur adjugé les conclusions prises par la première requête et faire justice.

Signés : Antoine ECKERT et Antoine SEILER.

 

Vu la présente requête , le renvoie mis en marge de celle le 20 janvier dernier, le procès-verbal en fourni d’observations dressées en conséquence par le Sieur CHASSAIN, inspecteur des ponts et chaussées du canton le 29 de ce mois, le plan y joint ensemble les éclaircissant a nous fournis.

Nous, conducteurs de l’état intendant d’Alsace avons annoncé audit Sieur CHASSAIN à faire combler les ravins dont il s’agit par les habitants de la commune de Rumersheim auxquels il sera tenu compte de nombre de journées y relatives et nécessaire. Sur les autres corvées étant en charge, à l’effet de quoi le dit CHASSAIN établira un curateur dont les frais seront payer par le bourgmestre en exercice de la dite communauté suivant l’état qui en sera fourni et par nous arrêté, et avons condamné le dit Jean HASSLER, meunier de Blodelsheim au frais de la vérification de ce plan du dit CHASSAIN que nous avons liquidé à vingt une (21 ) livres d’amende, même plus grave s’il y évite …

Fait le 6 février 1769 – signé : de BLAIRE

Pour copie collationnée conforme à l’origine délivré au Sieur Prévôt de Rumersheim le 21 mars 1769 – signé : REMY  

 

Pour copie :

Signé à la requête de la communauté de Blodelsheim, et la même copie à la communauté de Rumersheim au domicile pour elle, du Sieur HOFFMANN prévôt du dit lieu, en parlant à sa personne avec sommation à elle faite de s’y conformer et satisfaire à ladite ordonnance ci-dessus pour qu’il n’en ignore par moi son …. Au seigneur au dit Bailliage de Landser y demeurant ce 17 avril 1771.

Moulin dans Hinckende Boote de 1956.jpg

Muhlbach : nouvelle situation conflictuelle en 1789

 

Texte classé en Série 2 O 250 aux ADHR de Colmar

 

Lettre de Monsieur ZAIGUELIER, Commissaire de guerre de Neuf Brisach à Monsieur de l’Administration Provinciale, district de Colmar

 

29 décembre 1789 :

 

Messieurs,

Je me suis rendu à Blodelsheim hier d’après la Commission que vous m’avez donnée le 24 de ce mois pour vérifier la plainte de la communauté de Rumersheim contre celle de Blodelsheim. J’ai en conséquence fait avertir la veille les municipalités des deux endroits de se trouver le lendemain chez la Sieur KERINGER pour qu’elles puissent m’accompagner sur le terrain où avait été creusé le canal. Le nommé HASSLER, meunier de Blodelsheim, n’est pour rien dans cette difficulté.

 

Voici le fait :

Le sieur WEGBECHER, membre de l’assemblé provinciale qui a été précédemment syndic de la municipalité de Blodelsheim a dit à la communauté, qu’en vérifiant ses titres, il avait trouvé un, qui l’autorisait de creuser un canal au bord du Rhin pour que son moulin ne puisse jamais chômer, même dans les temps où le Rhin serait trop bas.

J’ai demandé à voir ce titre : le syndic actuel m’a dit : messieurs qu’il avait déposé l’original dans votre bureau et qu’il n’en avait même pas de copie, mais ce dont il se rappelait, ce que ce titre avait au moins trente ans. Si j’avais d’autres moyens, messieurs, il aurait fallu que j’eusse communication de ce titre pour asseoir mon jugement, mais la suite prouvera qu’il me devient inutile.

D’après l’invitation de WEGBECHER, le syndic a la tête de seize bourgeois de la communauté avec des pelles et pioches ont été au bord du Rhin pour creuser le canal, un membre de la communauté de Rumersheim les ayant vu travailler a été vers eux les sommer de se retirer, sinon il avertirait sa communauté qui viendrait les chasser de leur ouvrage. Mais les travailleurs n’ayant en égard à cette représentation, le bourgeois de Rumersheim a été rendre compte à sa communauté, et sur le champ trente de ces concitoyens l’ont accompagné. Sur le lieu où se faisait cette tranchée ont chassé les travailleurs de Blodelsheim et ont fermé sur le champ ce qu’ils avaient déjà fait.

 

Je crois que le sieur WEGBECHER pour lors, les a conseillés de suspendre ce travail et de porter plainte à votre bureau. Rumersheim a fait de même, mais n’ayant pas eu de réponse de votre part, ils ont cru devoir s’adresser à la commission intermédiaire.

Monsieur KERINGER en sa qualité d’inspecteur des îles du Rhin leur a dit de ne pas écrire et qu’il allait rendre compte de ce fait à Strasbourg, étant de sa compétence.

 

Après ce récit, je me suis rendu avec les deux municipalités sur le terrain où le canal avait été creusé qui se trouve à près de deux lieux de Blodelsheim, on nomme ce canton Dreiflitz (sans doute plutôt Dreispitz). Il se trouve vis-à-vis de Neuenbourg où étant j’ai vu effectivement qu’il avait été comblé et que malgré cette précaution j’ai remarqué que la surface du Rhin était encore élevée que la partie du terrain qui a été creusée.

 

Ceux de Blodelsheim ont convenus que c’était l’endroit où ils avaient travaillé, et que ceux de Rumersheim avaient comblé. Ces dernier ont conduit de là, 400 toises plus loin le long du bord du Rhin où j’ai trouvé encore un canal qui a été creusé et comblé huit jours avant mon arrivée.

Blodelsheim a soutenu n’avoir pas creusé ni donné l’ordre de le faire. Rumersheim ne prétendait pas que ce soit eux qui aient fait le nouveau travail, mais qu’il est certain qu’il avait existé puisqu’ils l’ont comblé.

Pour venir à la source de cette plainte, j’ai trouvé à un quart de lieu le nommé Antoine SEILLER demeurant dans la grande Hasenwört gardien des îles, qui a déclaré devant les deux municipalités et moi, que le frère du meunier de Fessenheim avec son garçon ont été surpris par lui, creusant ce fossé pour faire aller une partie du Rhin dans le canal du moulin. Il faut observer que le moulin de Fessenheim est dans le même cas que celui de Blodelsheim et se servant du même canal. Mais le premier n’a pas voulu se mêler de la querelle le moulin appartenant au Seigneur et l’autre à la communauté de Blodelsheim.

 

Dans cette visite, j’ai observé, messieurs, que le canal que la communauté de Blodelsheim a voulu creuser au bord du Rhin nommé Dreispitz est dans un Giessen (à huit ou dix toises du Tahlweg (lit principal du Rhin). Ce canal aurait au plus, douze toises de long. Il serait tombé pour lors dans un lit qui conduit au canal du moulin. Ce lit a été formé par les débordements du Rhin ou il y a toujours de l’eau, mais qui ne découle point. Malgré sa grande tranquillité il n’a pas moins emporté à la communauté de Rumersheim beaucoup de terre et en enlève encore journellement. L’embouchure de ce  nouveau canal, s’il avait eu lieu donnait directement contre la terre ferme et de là aurait suivi les sinuosités du terrain ainsi que le suit le lit qui a été formé par les débordements.

 

L’on peut juger d’après cela les dégâts que cela aurait faits dans le ban de Rumersheim, devenant une eau courante puisque celle qui n’a pas d’écoulement fait un tort considérable.

Ce canal devant être formé dans le Giessen qui n’est que cailloutage, avant 24 heures il se serait chargé et creusé considérablement, le terrain n’ayant pas de solidité, de manière que dans peu de temps ce canal aurait formé un bras du Rhin, et comme le Tahlweg n’est éloigné du bord que de huit ou dix toises.

 

Il y aurait à craindre que le grand courant du fleuve n’entra dans ce bras et n’enleva non seulement le ban de la communauté de Rumersheim et de la ville de Neuenbourg. Mais encore qu’il fasse tomber toutes nos îles sous domination autrichienne, qu’il ne fit perdre en outre le fruit de tous nos travaux de Nambsheim et du Kesgàng (bans de graviers).

Ce fleuve pourrait arriver d’autant plus facilement qu’il y a eu un Giessen en moins de quatre cent toises de long qui va jusqu'à la grande Hasenwört *. L’on courait ce danger pour donner de l’eau au moulin de Blodelsheim d’une année à l’autre pendant 15 jours ou 3 semaines au plus, d’après le rapport même de la communauté, à l’exception de l’année dernière et de celle-ci où le Rhin était extrêmement bas.

La communauté de Blodelsheim ne considère dans cette circonstance que son propre intérêt ayant un bail avec le meunier par laquelle ce dernier ne paye que lorsqu’il peut moudre.

Le second canal situé à la grande Hasenwört que le meunier de Fessenheim voulait faire creuser par son frère et son garçon, serait très dangereux, il est à l’autre bout du Giessen à 400 toises du premier canal ; il est vrai que l’eau qui entrerait ne serait que d’un bras du Rhin et le Talweg en est éloigné et même séparé par une île. Mais ce bras fait un grand ravage.

L’on m’a montré que cette année-ci il a emporté plus de 300 toises carrées de terre. En formant ce canal il arriverait que dans l’espace de trois mois il mangerait la grande Hasenwörth des deux côtés.

Ces pertes sont-elles à comparer à 20 ou 30 sacs de grains que la communauté de Blodelsheim perdra cette année ; et pour prouver qu’elle n’est pas souvent lésée de cette sorte, c’est que le nommé Antoine KLENTZLE, bourgeois de Rumersheim qui avait affermé pendant six ans le moulin de Blodelsheim, cette communauté n’a été obligée de le dédommager que l’année dernière où aucun moulin ne pouvait moudre, et les années précédentes il n’a pas chômé que deux fois 24 heures, ce que m’a été attesté par la municipalité même.

D’après cela, messieurs, je ne vois point que l’on puisse avoir égard à leur prétendre titre dont j’ignore le contenu, si même il autorisait la communauté de creuser un canal, il faut observer qu’il y a trente ans qu’il a obtenu ce titre. Dans ce temps-là il n’y avait pas de Giessen de 400 toises (*), plusieurs habitants m’ont dit avoir vu ce Giessen (*) cultivé, que le Tahlweg (*) était du côté de Neuenbourg, que le bord du Rhin était à 30 toises plus éloigné qu’aujourd’hui.

Si son titre est aussi bon qu’elle le dit, pourquoi n’en a-t-elle pas fait usage en 1769. Lorsque Mons. l’intendant a condamné son meunier pour avoir creusé un canal, elle devait prendre fait et cause pour lui.

Il n’est pas à présumer qu’elle pouvait l’ignorer. Le préposé de ce temps-là, qui était Mons. WEGBECHER père, avait assez d’intelligence et suffisamment de connaissance des droits de sa communauté pour prendre les intérêts du meunier s’il avait eu un titre authentique.

Au surplus, dans ce temps-là, on obtenait des autorisations qui servent de titres aujourd’hui avec la plus grande facilité, soit par l’argent soit par des connaissances particulières dans les bureaux de l’intendance. Enfin je puis, messieurs, conclure qu’un titre qui est préjudiciable non seulement à différentes communautés mais encore à toute une province doit être regardé comme non avenue.

La communauté de Rumersheim n’est pas la seule plaignante, la ville de Neuenbourg qui a des terres dans ce canton se plaint pareillement, et demande à voir le titre de Blodelsheim comme vous verrez, messieurs, par la lettre des préposés de cette ville que vous trouvez ci-jointe.

J’estime donc, messieurs, que vous défendiez à la communauté de Blodelsheim nonobstant son titre, sous les peines les plus graves de creuser un canal au bord du Rhin qui deviendrait très pernicieux, non seulement aux communautés de Rumersheim et Neuenbourg, mais encore à la province et que la municipalité sera personnellement responsable de l’infraction à votre arrêté.

 

Je suis avec respect, Messieurs, Votre très humble et très obéissant serviteur : ZAIGUELIER

 

Mes déboursés se montent à 12 livres, quoi que j’ai fait 4 lieux à pieds.

 

(*) Toise : 1,758 m.

(*) Giessen : bras du Rhin

(*) Tahlweg : lit du Rhin navigable

(*) Hasenwörth : canton sur le ban de Rumersheim

 

Grief fait à Jean Hassler, meunier de Blodelsheim en 1789

Jeudi 17 décembre 1789

 

Vu la lettre du Sieur KERINGER, inspecteur des Iles et redoutes du Rhin en date du 11 de ce mois, par laquelle il dénonce l’entreprise faite par Jean HASSLER, meunier de Blodelsheim, lequel s’est avisé de creuser un canal pour conduire l’eau du grand Rhin sur son usine.

La commission Intermédiaire Provinciale d’Alsace a arrêté que la lettre du Sieur KERINGER sera communiquée au bureau intermédiaire de Colmar à l’effet d’en faire vérifier le contenu, prévenir les suites que l’entreprise du dit HASSLER pourrait avoir et le faire condamner en l’amande qu’il a encouru.

 

Vu le Baron de SCHAUENBURG

Signature : HOFFMANN - Secrétaire Provincial

 

Le Muhlbach et le moulin au début du XIXe siècle à travers quelques extraits du registre des P-V du C.M. de Blodelsheim

 

  • 20-12-1807 : le maire SCHILLINGER s’adresse au Préfet du Haut Rhin au sujet de travaux sur le Canal du moulin dont des citoyens ou habitants de Blodelsheim ont refusé de travailler pour déblayer le ruisseau. Il propose au Préfet d’employer des contraintes envers les récalcitrants, car il est nécessaire d’avoir de l’eau pour faire tourner le moulin.

 

  • 28-11-1809 : Benoît DECKERT est fermier locataire du moulin.

 

  • 3-10-1812 : le maire SCHILLINGER s’adresse au Préfet pour une adjudication au rabais de la reconstruction de l’écluse du canal du moulin, se montant à une somme de 984 francs. Le devis estimatif approuvé par vous le 20-8- dernier se montait à 778 francs. Vous voudrez bien l’homologué.

 

  • 1818 : une pétition des meuniers de Bantzenheim, de Blodelsheim, de Fessenheim est adressée au Préfet Conte de CASTEJA. Ils ont l’honneur de vous exposer que les fréquentes crues du Rhin entraînent des sables et gravier qui forment des amas considérables à l’entrée du canal.

 

  • 1805 : Ignace ONIMUS propriétaire du moulin de Bantzenheim en l’an 13 (1805), se pourvois auprès de l’autorité supérieure à l’effet d’être autoriser à faire enlever les amas afin de donner libre circulation aux eaux dont la concession lui est octroyée par titre en date de l’année 1600. Malgré la justice de la décision le maire d’Ottmarsheim n’a cessé de s’opposer à l’exécution de cet arrêté. Cette opposition de la part d’un magistrat est d’autant plus répréhensible qu’elle occasionne un chômage préjudiciable à ces trois moulins, puisque les habitants de ces villages sont obligés par l’effet du chômage d’envoyer au loin moudre le grain nécessaire à la consommation.

 

Adjudication du moulin en 1826

 

Le 11 janvier 1826, le moulin a été adjugé au plus offrant pour un loyer annuel de 1150 francs.

 

Au cours du 19ème siècle, les travaux d’endiguement du grand Rhin se poursuivirent à grand pas, ce qui provoqua une alimentation irrégulière du Muhlbach.

 

En 1878, le moulin restait au chômage du 1er janvier au 15 avril par manque d’eau dut à l’abaissement du niveau du Rhin et l’on se trouva dans l’impossibilité d’alimenter le canal des moulins.

 

De ce fait, le moulin communal privé d’eau et de sa force motrice n’avait plus de raison d’être et après quelques années, se trouva à l’abandon, le conseil municipal décida de démolir le moulin et ses annexes. Cela fut fait en 1886.

Sources : ADHR de Colmar en Série 2 O 253 – Registre des P. V. du C. M.

 

  • 8-01-1829 : Louis HASSLER est locataire et meunier du moulin de Blodelsheim.

 

  • 18-6-1834 : le maire de Blodelsheim demande l’autorisation de pratiquer dans un ban de gravier un chenal de dimension suffisante pour mettre en mouvement les roues du moulin communal. Ce chenal à pratiquer à travers le (nom d’un canton) est situé sur le territoire de Rumersheim et dont le maire de cette commune n’est pas favorable à ce passage. Pour le moment, les eaux sont tellement basses que le canal est à sec et les moulins de Blodelsheim et de Fessenheim sont condamnés au chômage. De grandes quantités de grains sont rassemblées dans ces moulins qui sont hors d’état à être livrés à la consommation, ce qui donne une inquiétude à la population.

 

  • 18-6-1835 : Blodelsheim est propriétaire d’un moulin à blé à trois tournants et d’un foulon à chanvre. Situé sur le canal des moulins qui a son origine dans la banlieue d’Ottmarsheim, et alimenté par un canal secondaire qui a sa prise d’eau dans la banlieue de Rumersheim.

 

Le moulin évoqué maintes fois dans les procès-verbaux des conseils municipaux de Blodelsheim

 

15 mai 1826 : réparation du moulin 

 

Le C. M. s’est réuni pour délibérer sur l’adoption  ou le rejet du devis des réparations à faire au moulin communal.

Vu le devis les réparations à la charge de la commune s’élève à 1400 francs et celles qui sont à la charge du locataire sont de 199 francs.

Vu le bail du 13-10-1816, en vertu duquel les réparations à faire aux habitations et bâtiments sont à la charge du meunier et celles des tournants à la charge de la commune.

D’après le cahier de charge, le meunier est obligé de faire les déclarations de réparations nécessaires  à entreprendre ce qui a été négligé vu que le dernier détendeur du moulin de nom Joseph STEIBEL, qui remplaçait pendant les trois dernières années le véritable locataire Georges FOGTSTETTER qui constituait le dit STEIBEL comme locataire.

Considérant que pendant les 3 dernières années le sieur STEIBEL n’a pas fait de réparations, ni déclaration au maire au sujet de réparation, qu’on contraire il est prouvé que le dit détendeur a ruiné le mouvement et endommagé plusieurs quartier du mouvement, il a même vendu des pièces importantes sans les remplacer par la suite. Est d’avis que le locataire et sous locataire sont responsables des dites dégradations, et de leur demander une somme d’argent très élevée pour les dites réparations.

 

Signatures : GROTZINGER maire, THUET adjoint, REITHINGER, DECKER, EICHENBERGER, STAHL, RUDOLFF, BRUN, HASSLER.

 

26 Juillet 1826

 

Le C. M. s’est réuni en séance extraordinaire sur la proposition du maire tendant à ce qu’il soit autorisé d’intenter une action judiciaire contre le sieur FOGTSTETTER, le locataire du moulin et son sous-locataire STEIBEL pour dégradation au moulin.

Considérant que c’est dans cette circonstance le cas de défense de la propriété communale.

 

14 novembre 1826

 

Délibération sur l’offre de 400 francs du sous-locataire Joseph STEIBEL. Considère qu’il est avantageux d’accepter l’offre de 400 francs et est d’avis que l’offre soit d’accepter cette somme pour les réparations et que la poursuite judiciaire soit lever.

 

19 novembre 1834

 

Le C. M. délibère sur la conservation de l’ancien locataire du moulin de Blodelsheim, il considère que le bail du moulin arrive à expiré le 31-12-1834, des réparations majeurs y étant nécessaire, qu’il est presque impossible de prendre un nouveau bail.

Vu le consentement de Louis HASSLER l’ancien locataire, qui demande d’accepter et de prendre le moulin suivant les conditions insérer au bail du 20 novembre 1825, à l’exception que si le barrage du canal venait d’être détruit, la commune en supporterait les réparations.

Le C. M. est d’avis que Louis HASSLER le conserve pendant l’année suivante où les réparations devraient être effectuées et avec déduction de location dût aux arrêts pour réparation, pour manque d’eau, ou par empêchement d’une forte gelée.

 

22 mars 1835

 

Le C. M. se réuni pour délibérer sur l’expropriation d’un moulin communal situé sur un petit bras du Rhin. Est d’avis vu le délabrement du moulin appartenant à la commune de Blodelsheim et l’urgence de le reconstruire selon  plan dressé à cet effet par Mons. SASSARY, architecte de Colmar, satisfaisant à nos vœux dont la dépense s’élève à 12012 francs, déduction faite des anciens matériaux provenant de la démolition de l’ancien sur l’emplacement duquel sera établi le nouveau.

 

Considérant qu’il est urgent de le reconstruire conformément aux plans et de le mettre en état de service dans un délai de 4 mois à partir de l’approbation de l’adjudication afin de ne point compromettre les intérêts communaux.

Financement du projet :

Une somme de 6500 francs provenant du fascinage du Rhin et déposée dans la caisse de service.

Une somme de 3500 francs pour fascinage doit rentrer dans le courant de l’année.

Une somme de 2400 francs pour vente de bois.

Une somme de 1150 francs pour loyer de l’année 1835, plus quelques petites sommes pour un total de 14800 francs.

 

24 août 1835

 

Il ressort d’une séance du C. M. qui délibère en vue de désigner un garde forestier dans la force de l’âge qui soit habile bâtelier pour pouvoir faire un trajet périlleux sur le Rhin pour surveiller nos îles qui se trouvent dévastées par des troupeaux de bestiaux appartenant aux habitants de Grissheim.

 

10 mai 1836

 

Le C. M. délibère sur une demande de coupe de bois dans la forêt royale du Bàchalon, d’une certaine contenance d’où pourrait résulter une somme de 6000 francs pour subvenir aux dépenses de reconstruction du moulin du lieu.

 

8 août 1836

 

Le C. M. se réuni pour demander à la Préfecture, l’autorisation d’intenter une action judiciaire contre les meuniers de Nambsheim, Heiteren, Obersassheim, Algolsheim, Volgelsheim et celui de la Pulvermühle pour avoir refusé de contribuer aux frais d’entretien du barrage ou prise d’eau du canal alimentaire par les eaux du Rhin, sur lequel sont situés leurs usines.

Vu l’état des dépenses en date du 25 mai montant à une somme de 896 francs, ensemble la réparation de la dite somme entre les meuniers dans la proportion des tournants dont chaque usine est muni.

Etant à notre connaissance particulière et de notoriété publique que les meuniers en questions jouissent des eaux du canal, en conséquence il convient avec justice qu’ils supportent chacun dans la proportion des tournants de son usine les frais d’entretiens du dit barrage.

 

6 novembre 1837

 

Le C. M. s’est réuni suite à un rapport du maire que le receveur municipal a fait signé par Gabriel DECKERT de cette commune pour paiement d’une somme de 1000 francs qu’il doit pour solde de celle de 1150 francs du loyer du moulin, et que la cause est liée au tribunal civil de Colmar.

Le débiteur se refuse de payer.

Vu le mémoire par lequel celui-ci demande une somme de 2147 francs pour divers travaux exécuter par lui et pour indemnité de non jouissance de l’usine pendant la reconstruction.

Considérant qu’au terme du bail, le locataire doit obtenir la remise entière du loyer pour tout le temps qu’il a été privé de l’usine par l’effet de la reconstruction.

Considérant que le maire avec le consentement du C. M. a chargé le locataire Gabriel DECKERT d’exécuter les travaux nécessaires pour rétablir le barrage de prise d’eau etc… et lui accorde l’indemnité pour clore l’affaire du tribunal.

 

20 mai 1838

 

Séance extraordinaire – Travaux au moulin.

Le C. M. s’est réuni pour voter un crédit nécessaire pour travaux à exécuter en dehors du devis primitif de la reconstruction du moulin communal. Considérant que l’entrepreneur MOSSMAN a non seulement exécuté des travaux sans autorisation, que la reconstruction n’est même pas conforme au devis, de sorte que la commune se voit obligée d’y faire des réparations journellement.

Le C. M. est d’avis de ne point reconnaitre les travaux supplémentaires et de refuser à l’entreprise le paiement des travaux exécuter sans autorisation régulière.

Ces travaux se montant à la somme de 4453 francs.

 

16 janvier1839

 

Le C. M. s’est réuni à l’effet de tenter un arrangement avec Mons. MOSSMAN entrepreneur de la reconstruction du moulin au sujet du paiement des travaux exécutés en dehors du devis et sans autorisation.

Vu les offres d’arrangement fait par Mons. MOSSMAN entrepreneur, considérant qu’il est juste de lui faire subir une réduction du prix des travaux, considérant que le préjudice qu’éprouve le locataire actuel du moulin provient en partie des défauts de construction,

Et d’avis de faire subir à l’entrepreneur une réduction de 1153 francs sur le prix des travaux et de voter un crédit spécial sur lequel la somme de 3300 francs puisse être régulièrement imputé à la charge de l’entrepreneur.

 

6 mai 1838

 

Le C. M. délibère afin d’obtenir l’autorisation d’exploiter sur l’île dite Langa Koepfle la forêt pour faire des fascines, des piquets, des clayons et de déblayer une coupe sur cette île communale nécessaire pour la construction de l’écluse du canal alimentaire du moulin.

 

26 septembre 1838

 

Le C. M. adresse une demande au préfet en vue d’exploiter une coupe de bois d’une île du Rhin appelée « Ile du Kaefiecken » considérant que cette île est continuellement ravagée par des délinquants badois qui ont beaucoup de facilités à enlever le bois par suite de la proximité de cette île du pays badois.

 

10 février 1839

 

Séance extraordinaire, problème lié au Muhlbach.

Le C. M.  vote des crédits pour la construction d’un barrage servant à alimenter le cours d’eau du canal du moulin. Le dit barrage est rompu en plusieurs endroits de telle sorte qu’il est nécessaire d’en établir un autre afin de préserver le dit moulin d’une privation d’eau.

10 novembre 1841

 

Séance extraordinaire du C. M. qui s’est réuni pour délibérer sur la question s’il y avait lieu de revendiquer contre le sieur AEBY régisseur des biens de Mons. ROSSENBURGER, rentier à Bâle et propriétaire du « Grüngiessen »  ou ancien canal du moulin de Blodelsheim auquel il a servi de déversoir.

A savoir, le Sieur AEBY a comblé et pris possession de l’ancien déversoir du canal du moulin mis a sec en parti vu le déplacement de l’écluse prise d’eau.

Considérant que ce fossé est propriété communal et que ce canal ne sert plus comme déversoir pour le canal du moulin et est mis à sec, le Sieur AEBY s’est cru autorisé de le comblé et d’en prendre possession comme propriétaire.

Considérant que la commune de Blodelsheim reste en possession du Grüngiessen parce que le cours inconstant du Rhin l’obligera tôt ou tard de se servir et que les prétentions du détendeur actuel ne sont nullement justifiées.

 

Considérant que Monsieur le Comte de MONTELOY ne peut alléguer que le Grüngiessen est un cours d’eau naturel et est en notoriété publique et que la commune fait exécutée des travaux et dans le but de régler l’entré et la sortie d’eau du canal du moulin de Bantzenheim.

Il est également prouver que de temps immémorial la commune chaque fois qu’elle faisait curer le canal jouissait de déposer les graviers provenant du curage sur une largeur de 3 mètres de chaque côté du bord du canal.

 

La commune qui possède le moulin de temps immémorial a toujours considéré comme propriétaire le canal d’amené et de fuite.

 

Vu que le bien du Sieur de MONTELOY a été propriété communale, que le terrain sur lequel est établie la nouvelle écluse, que la partie adverse ne peut produire aucun document pour éclairer l’affaire en sa faveur.

Estime que le maire est autorisé à plaider contre Mons. le Comte de MONTELOY pour revendiquer l’ancien canal dit Grüngiessen.

 

Signatures : maire MEYER, plus 10 signatures des C. M.

 

20 septembre 1845

 

Contrat de location du moulin.

A la requête de Martin EICHENBERGER, maire de Blodelsheim y demeurant agissant au nom de la commune.

Par devant Laurent André HALM notaire à la résidence d’Ensisheim département du Haut Rhin soussigné assise de témoins ci-après nommés :….

Il a été procédé de la manière ci-après à l’établissement des charges, clauses et considère qui doivent servir de base au bail par adjudication du moulin et dépendance situé dans la banlieue de Blodelsheim et appartenant à cette commune.

 

Description du domaine du moulin à louer 

 

Un moulin faisant de la farine de blé à trois tournants dont l’un est double et un fouloir à chanvre, le tout reconstruit à neuf avec tous les agrès, outils et ustensiles.

Une maison d’habitation nouvellement restaurée attenant au moulin avec grange, écurie, appartenances et dépendances, plus les parcelles du jardin, prés et terres labourables ci-après :

12 ares 28 de terre au canton  Unterbreitsand 

11 ares 13 de pré au même canton

15 ares 47 de verger au canton Untertiergarten 

4 ares 80 de jardin

2 ares 20 de pré au canton Obertiergarten 

 

Conditions :

Art. 1er – Nul ne sera admis aux enchères à moins qu’il soit reconnu solvable ou capable de contracter les mises.

Art. 2 – Le bail sera d’une durée de 9 ans consécutifs et entiers qui commenceront le 1er janvier 1846, pour terminer le 1er janvier 1855.

Art. 3 – Les loyers annuels seront payés par quart de trimestre entre les mains du receveur municipal, les payements seront toujours en espèce d’or ou d’argent et non autrement, sans retenu ni diminution quelconque sauf si le moulin était arrêté plus de quarante jours par sécheresse ou autre cas fortuits sans la faute du preneur, dans ce cas celui-ci aura droit à une réduction ou remise proportionnelle.

Art. 4 –Le preneur est tenu en outre de payer la contribution foncière, celles des portes et fenêtres et généralement tout impôts publique et charges locales, qui pourront être assise sous quelques dénominations que ce serait sur les immeubles faisant partie du bail.

 

11 octobre 1845

 

Séance du C. M. Vu l’acte du notaire en date du 20 septembre dernier par lequel le maire au nom de la commune cède au Sieur De BOECKLIN de Fessenheim la moitié des droits compétents à la commune de Blodelsheim au terme d’une convention passé entre elle et la commune de Rumersheim qui consiste dans l’établissement à travers l’île dite Steingrün d’un nouveau canal pour alimenter le moulin communal.

Considérant dans l’intérêt de la commune de régler d’une manière définitive la quote-part à payer par Mons. De BOECKLIN dans la dépense d’entretien et d’établissement du dit canal.

 

10 novembre 1846 : Procès - Comte de MONTELOY

 

Réunion du C. M. au sujet de la transaction intervenue aujourd’hui entre le maire agissant au nom de la commune de Blodelsheim et Mons. Joseph Bartélémy Comte de MONTELOY pour terminer à l’amiable le procès lié entre les parties au tribunal de 1ère Instance de Colmar au sujet de la possession d’un ancien canal du moulin.

 

Considérant que cette transaction est entièrement conforme aux intérêts de la commune, attendu que M. de MONTELOY consent à remettre à la libre disposition et jouissance de la commune le canal en litige qu’il offre en outre de payer les frais du procès.

 

Est d’avis qu’il y a lieu d’approuver la dite transaction pour être exécuter selon sa forme et terme.

 

Délibération en date du 10 novembre 1846

 

Vu la lettre de Mons. le Préfet en date du 12 janvier 1847, et la convention reçue en excécution de la dite lettre par M° BELTZ Notaire à Oberhergheim le 4 du présent mois à l’effet de terminer le procès lié au tribunal civil de Colmar entre la commune de Blodelsheim et Mons. et Mad. MONTELOY, au sujet du canal comblé sans autorisation par Monsieur ROSENBURGER – RAPP de Bâle.

 

Le conseil municipal estime qu’il y a lieu à approuver ladite convention pour être exécuter selon sa forme et teneur.

 

Fait et délibéré à Blodelsheim vu la date ci-dessus.

 

Signatures : EICHENBERGER maire, JUDAS, SITTERLE, STOFFEL, GROTZINGER, PERMAN, KUHN, THIERRY, HASSLER

 

9  février 1847

 

Le conseil municipal de la commune de Blodelsheim réuni en séance ordinaire sous la présidence de Mons. le Maire.

 

9 mai 1855 : procès GOEPP – meunier de Fessenheim

 

Le C. M. s’est réuni et le maire expose la demande faite par le sieur GOEPP Charles du moulin de Fessenheim, a l’effet d’être autorisé à poursuivre la commune de Blodelsheim devant les tribunaux pour obtenir une indemnité pour un prétendu chômage lors de la reconstruction de l’écluse ou prise d’eau.

Le C. M. après avoir délibéré a l’honneur d’exposer au Préfet :

Que le retard mis pour la reconstruction de la dite écluse ne provient pas de la faute du maire, mais que le retard est dû à des causes que nous croyons devoir exposer ci-après en détail, différentes causes sont énumérées :

  • au début des travaux sont survenues des grandes eaux

  • peu après c’était un grand froid

  • des difficultés de terrains, des troncs d’arbres enfouis dans le gravier.

Aussi pendant les hautes eaux du Rhin il y avait suffisamment d’eau d’infiltration qui alimentait par intervalle le canal du moulin et permettait aux usines de moudre.

En conséquence, le C. M. prie le Préfet de bien vouloir prendre en considération les motifs sus relatés et empêcher s’il y a lieu l’action judiciaire.

 

20 juillet 1855

 

Le C. M. s’est réuni et considérant que la commune de Blodelsheim est appelée à défendre l’action judiciaire intentée par le Sieur GOEPP meunier de Fessenheim.

Le Conseil offre au Sieur GOEPP à payer de la caisse municipale la somme de 226 francs faisant la quote-part que le Sieur GOEPP devrait payer pour frais qu’occasionne l’établissement et construction de l’écluse de la nouvelle prise d’eau.

Que si GOEPP devait refuser l’offre, que la commune soit autorisée de défendre l’action en justice.

Que la commune soit autorisée, en outre de poursuivre judiciairement Mons. EICHENBERGER maire d’alors, qui, comme le C. M. peut le prouver, a négligé le placement de l’écluse en question, malgré les avertissements qui lui ont été donnés par le conseil et auquel il n’a pas tenu compte.

 

10 septembre 1858 : rajout d’une scierie au moulin

 

Le C. M. délibère sur la demande faite par le Sieur THUET Joseph, fermier actuel du moulin communal de Blodelsheim, de construire une scierie à ses propres risques et périls.

Est d’avis que le demandeur soit autorisé de faire la construction projetée sous réserve expresse des conditions suivantes :

que le bail passé par la commune au Sieur THUET Joseph ne soit en rien modifié par l’établissement de la nouvelle œuvre.

Vu le dédommagement auquel il est tenu envers les propriétaires riverains du canal en cas de débordement des eaux par suite du plus grand volume que la scierie nécessitera, tant en aval qu’en amont du moulin.

Qu’il s’engage à démolir son œuvre sur sommation extrajudiciaire qui lui sera faite si cette construction est devenue préjudiciable aux intérêts de la commune de Blodelsheim.

 

9 novembre 1863

 

Le C. M. s’est réuni pour délibérer sur un arrangement du Sieur THUET Joseph locataire actuel du moulin, dans le but de lui accorder une indemnité pour la scierie qu’il était autorisé à faire construire à ses frais.

Considérant que cette scierie lui a couté, il y a 4 ans 2500 francs et que maintenant il l’a cèderait pour 1500 francs. Autorise le maire à traiter avec le susnommé THUET Joseph en s’engageant de lui payer les 1500 francs. Le Conseil vote le crédit de la dite somme de 1500 francs.

 

 4 novembre 1866 : résiliation du bail

 

Le C. M. en réunion où le maire expose que le Sieur GROTZINGER Joseph fermier actuel du moulin communal  reste à payer le prix du bail à la date de ce jour et tous les frais compris à la somme de 1696 francs.

Que malgré les diligences qu’il a faites il n’a pu jusqu'à ce jour obtenir du fermier le paiement de ce qu’il doit. Il ne reste plus à la commune d’autre voie à suivre pour sauvegarder ses intérêts que de provoquer la résiliation du bail notarié. Il propose au conseil de l’autoriser à poursuivre cette résiliation devant les tribunaux compétant.

Le Conseil autorise le maire de poursuivre le fermier devant les tribunaux.

 

5 février 1867

 

Dans la séance de ce jour, le jugement rendu par le tribunal de Colmar dit que le Sieur GROTZINGER Joseph fermier du moulin a été obligé de quitter cette usine le 31 janvier dernier.

Le Conseil demande l’autorisation au Préfet que la commune puisse exploiter le moulin en régie jusqu’à l’entrée en jouissance de nouveau fermage.

 

20 avril 1867 : bail de Joseph ZIEGLER, nouveau meunier

 

Lettre de réclamation datée du 20 avril 1867, à Mons. Le Préfet de Colmar.

(résumé) classée en série 2 O 253 aux ADHR de Colmar

 

Le soussigné, Joseph ZIEGLER, meunier au moulin de Blodelsheim s’adresse au Préfet en lui exposant la situation du moulin communal.

Il s’est rendu fermier du moulin pour une durée de 6 ans et pour le prix de fermage annuel de 1880 francs pour l’ensemble comprenant un moulin à farine à 3 tournants, une scierie, un foulon à chanvre.

Les dégradations sont importantes sur les bâtiments en général. Dans cet état l’exploitation est presque impossible. La toiture présente de nombreuses ouvertures. La charpente est pourrie et menace de s’écrouler ce qui fait que l’intérieur est exposé à toutes les intempéries. Par la moindre pluie, l’eau pénètre de partout et converti l’intérieur en ruisseaux, ce qui a comme conséquence de détérioration des céréales et de la farine.

Les écuries qui font parties de l’enclos et n’ont de temps immémoriaux été touchées, aucune réparation et menacent de s’écrouler.

Le foulon à chanvre menace ruine, ne peut plus être exploité et n’est pas sans danger pour le public.

La scierie se trouve dans un fâcheux état, etc…..

 

19 mars 1869

 

Vu l’arrêté préfectoral autorisant la commune de mettre le canal usinier à sec et en chômage pendant 10 jours afin de faire le curage.

Vu que d’après la loi chaque riverain est tenu de curer le canal devant sa propriété.

Considérant que les travaux de curage afférents à la commune qui est elle-même grand propriétaire près du canal se monteraient au moins à 200 francs.

Est d’avis de faire le curage du canal par des volontaires en donnant journellement à chacun un demi-litre de vin et un morceau de pain et vote à cet effet la somme de 80 francs pour l’achat de vin et de pain. De cette manière le canal sera curé et la commune réalisera une économie de 120 francs.

 

6 juin 1875

 

Le C. M. s’est réuni sous le maire qui expose que le moulin communal était à l’arrêt du 14 septembre 1874 au 1er janvier 1875 vu le manque d’eau dans le Muhlbach. Le locataire Joseph FIMBEL que suite au condition de location, que le moulin soit à l’arrêt par manque d’eau, il aurait droit à une réduction du loyer.

Le Conseil lui accorde une réduction du loyer de 800 francs pour  l’année 1874.

 

31 août 1878

 

On découvre que le moulin est encore à l’arrêt par manque d’eau, du 1er janvier au 15 avril 1878 le moulin est à l’arrêt, le locataire demande une réduction du loyer ce que le conseil lui accorde et vote une indemnité de 564 Mark.

 

1878-1879 : fin de l’exploitation du moulin par manque d’eau suite à l’endiguement du Rhin

 

Suite aux nombreux arrêts du moulin on peut admettre que le Muhlbach n’est plus alimenté par l’eau du Rhin régulièrement. Les grands travaux d’endiguements par TULLA fut la cause de la fin de l’exploitation du moulin. Le Rhin s’étant creusé un lit plus profond et le fleuve ne peut plus alimenter ce canal des moulins.

 

En effet, on découvre par la suite que le moulin est à l’arrêt définitif, et ne peut plus rendre service à la communauté locale.

 

14 Avril 1881 : procès  - meunier FIMBEL

 

Nous sommes sous administration allemande. Les P. V. sont enregistrés en allemand.

 

Der Rat beschließt an diesem Tag, in Betracht dass die Gemeinde Blodelsheim durch den Prozess aus Müller FIMBEL circa 2800 Mark erwachsen sind.

 

Nach Einsicht vom Gesetz und in Betracht dass die Deckung dieser Kosten keine Mittel vorhanden sind, und das die Bestreitung derselben der Gemeinde nicht möglich ist, wenn diese nicht ermächtigt wird, sich eine außergewöhnliche Steuer auf zu legen.

 

Ist der Ansicht, es möge die Gemeinde ermächtigt werden eine Anleihe im obigen Betrag aufzunehmen und zu Deckung derselben auf 5 Jahre 12,4% extraordinäre Zuschläge auf die vier direkten Steuern zu erheben.

 

Disparition du moulin communal de Blodelsheim en 1885-86

 

Ce qu’on découvre aux ADHR de Colmar en Série 2 O 25

 

28 février 1886 : réunion du C. M.

 

Der Bürgermeister trägt dem Rate vor dass die Abbruchkosten  der Gemeindemühle und die Kosten des Wegführens eines Teils der abgebrochenen Material sich auf zirka 150 Mark belaufen und bittet dann denselben Betrag zu votieren, die nötige Summe zur Abtragung der fraglichen Kosten.

 

Traduction

 

Le maire présente au conseil municipal réuni la note de frais et le prix pour la démolition du moulin communal et pour déblayer une partie des matériaux de démolition qui se monte à 150 Mark. Il demande au conseil de voter la somme prévue, et aussi prévoir une autre somme pour déblayer le restant des déchets de la démolition.

 

Le ruisseau du Muhlbach fut à sec durant près de 80 ans durant de 1878 à 1958 !

 

Nous pensions ce ruisseau coulant paisiblement le long du ban communal sans entrave durant des siècles, il n’en fut rien, il eut à subir les lois de la nature tout au long des siècles, tantôt à sec, tantôt débordant selon les saisons et les aléas météorologiques. La rectification du Rhin entre 1840 et 1880 lui apporta un véritable coup de grâce, le lit du Rhin se creusant fut alors bien trop bas pour pouvoir alors alimenter ce ruisseau.

Il fallut la construction du Canal d’Alsace et une vraie volonté politique pour à nouveau alimenter ce ruisseau.

 

Résumé sur la connaissance de ce moulin

 

Emile Decker (1927-2020) de par ses recherches, a fait des trouvailles extraordinaires, tels, les noms des meuniers de 1625 à 1885, la connaissance du moulin à travers des baux, la gestion du dit moulin, les situations conflictuelles, l’alimentation en eau et sa fin liée à l’assèchement du Mulhbach après l’enrochement du Rhin en 1885.

 

Le nom des meuniers :

 

Les différents meuniers découverts à travers différents documents, état civil, et autres. D’après Emile Decker il dut en avoir d’autres d’après lui !

 

Hans JERG meunier à Blodelsheim dans un document daté de 1625.

 

Mathias GERSTNER meunier à Blodelsheim en 1694.

 

Johannes FURSTOSS meunier à Blodelsheim en 1697.

 

Philippus SIGRIST meunier à Blodelsheim dans un acte de décès de son fils le 3 avril 1699.

 

Philipp DECKERT meunier à Blodelsheim en 1704.

 

Adam DECKERT meunier à Blodelsheim en 1707, originaire de Oberdorf, Sundgau, contracte mariage le 13-9-1706 à Blodelsheim avec Catherine RENNER.

 

Joan Michael STEINMETZ meunier à Blodelsheim en 1714.

 

Petrus WEIBEL meunier à Blodelsheim dans un acte de baptême de son fils le 13-3-1717.

 

Joseph HÄTTENSCHWILLER signalé meunier à Blodelsheim dans un acte de baptême le 3-12-1727.

 

Michael SAILER signalé meunier à Blodelsheim dans un acte de baptême du 24-8-1728.

 

Antoni GLÄNTZLE, civil de Rumersheim, meunier à Blodelsheim dans un acte de baptême du 11-7-1784 à Blod.

 

Jean HASSLER meunier à Blodelsheim dans un document daté du 17-12-1789.

 

Benoît DECKERT meunier à Blodelsheim dans un P. V. daté de 31-5-1795

 

Georges FOGTSTETTER meunier à Blodelsheim, époux de Marie Anne STEIBEL dans un acte de naissance du 9-2-1819 à Blodelsheim.

 

Joseph STEIBEL meunier et boulanger à Blodelsheim dans un acte de naissance du 4-12-1826 à Blodelsheim époux de Magdalena SITTERLE.

 

Louis HASSLER meunier à Blodelsheim en dans un document daté du 8-01-1829.

 

Joseph ZIEGLER meunier à Blodelsheim dans un acte de naissance de sa fille le 15-8-1868 à Blodelsheim.

 

Xavier MIESSNER meunier et locataire du moulin de Blodelsheim dans un P. V. daté du 10-11-1846.

 

Joseph THUET meunier et locataire du moulin de Blodelsheim dans un P. V. daté du 10-2-1851.

 

Joseph GROTZINGER meunier et fermier du moulin de Blodelsheim dans un P. V. daté du 4-11-1866.

 

Joseph FIMBEL meunier et locataire du moulin de Blodelsheim dans un P. V. daté du 14-4-1880.

Le Muhlbach aujourd’hui

 

Le Mulhbach trace son chemin à travers le ban communal, et est, comme nous l’avons vu alimenté à son point de départ, par le canal de la Hardt au Sud-Ouest d’Ottmarsheim, pour se jeter dans le grand Canal d’Alsace au niveau de Volgelsheim. Plusieurs prises d’eau sur le Canal d’Alsace favorisent un débit régulier et constant sur toute sa distance.

 

Les exploitants y puisent l’eau pour l’arrosage des cultures

 

Lors des périodes d’arrosage l’eau du ruisseau est bienvenue pour les exploitants à proximité de part et d’autre du ruisseau.

 

Le ruisseau permet l’alimentation en eau des étangs de l’association de pêche locale

 

Tout au long de l’année le ruisseau permet d’alimenter en eau les trois étangs.

 

Zone de tranquillité

 

Le Muhlbach rompt la monotonie du ban communal à l’est du village dont la monoculture des céréales, le maïs surtout, rend la vue laide et sans attrait.

 

Les autorités compétentes exigent le strict respect de la faune et de la flore

 

On ne fait pas ce que l’on veut le long de ce ruisseau, les arbres, les haies, la flore et la faune sont observés et contrôlés par un « Syndicat Mixte des cours d’eau et canaux de la Plaine du Rhin » qui dépend du groupement « Rivières de Haute-Alsace » dont le siège se trouve au Conseil Départemental du Haut-Rhin à la date de décembre 2020.

 

Ce petit mémoire est le fruit de documents divers qu’a trouvés l’historien local de Blodelsheim Emile Decker (1927-2020) aux Archives Départementales du Haut-Rhin et aux Archives Municipales de Blodelsheim notamment.

 

Ensemble mis en forme pour en faire un petit mémoire par son fils, Patrick Decker, décembre 2020.