Les victimes militaires et civiles de la Deuxième Guerre mondiale

Des drames incommensurables vécu par des garçons qui ne demandèrent qu'à vivre.
Des familles brisées pour la vie qui ne sera jamais plus comme avant pour elles !

Dès l'armistice signée le 8 mai 1945, la communauté villageoise voulut se souvenir des garçons qui ne revinrent plus de ce conflit mondial, mais aussi des victimes civiles fauchées notamment lors de la libération de Blodelsheim les 7 et 8 février 1945.

Une fête officielle de la Libération eut lieu le 2 septembre 1945 dans la liesse générale écrivit Émile Decker.

Générale ? Sans doute que non, car nombre de familles furent marquées à jamais car leur enfant ne fut plus. Enfant ? Une famille perdit ses 3 fils dans cette guerre, se remettre de cela ? Impossible !

Toutes les familles n'eurent donc pas le cœur à faire la fête en 1945 et 1946.

Pour la fête de la LIbération, le 2 septembre 1945 on fit un monument éphémère avec l'inscription :

"HONNEUR A NOS VICTIMES DES DEUX GUERRES" avec un écriteau "PAX".

Ce monument fut placé sur le mur ouest de la grange du restaurant de Victor Thuet au sud de l'église, juste de l'autre côté de la rue du Rhin, aujourd'hui la rue du Canal d'Alsace.

Après la guerre on fit rapidement mémoire des victimes de la seconde guerre mondiale, pour l'église paroissiale on fit réaliser deux dalles en marbre, une pour les victimes civiles et l'autre pour les victimes militaires qu'on plaça de part et d'autre du monument aux morts initial dédié aux victimes de la première guerre mondiale.

Deux victimes militaires ne figurent pas sur la dalle en marbre dédiée.

Dreyer Charles et Ruh Marcel.

Le 7 mai 1961 un monument aux morts fut inauguré lors d'une émouvante Journée Souvenir sur la place du 14-Juillet.

Pour en savoir plus sur cette Journée Souvenir voir ce thème sur une page dédiée sur ce site.

Ce monument fut placé ainsi de 1961 à 2018, il jouxta une bâtisse construite dans les années 1950 qui servit aux habitants pour la collecte du lait. Des frigos en sous-sol servirent aux habitants à une époque où les frigidaires furent encore rares. Les décennies qui suivirent le bâtiment n'avait plus de raison d'être et ne servit plus que d'entrepôt à la municipalité.

En 2018, la place du 14-Juillet fut réaménagée, le bâtiment fut rasé et le monument aux morts replacé et rafraichi, les noms gravés furent repeint de belle manière.

Émile Decker, fit de nombreuses recherches pour savoir dans quelles circonstances et en quels lieux ces garçons Blodelsheimois trouvèrent la mort.
Recherches effectuées dans les années 1980. En ces années-là, il n'y avait pas encore d'ordinateurs, ni internet ni courriels. Il fit ses demandes auprès d'organismes officiels par courrier postal.

Voici ci-dessous ce qu'il nous a laissé pour la postérité.

Pour chaque garçon il a mis la date de naissance, la date du décès et l'endroit du décès... si elle fut connue.

Voici ces garçons, victimes militaires dans l'ordre de leur inscription au monument aux morts.

Thierry Martin, Thierry Paul et Thierry Robert furent trois frères, fils de Ernest Thierry et Marie née Sitterlé. (Ernest qu'on appela Herléschniider en alsacien). Paul est mort en Russie et Robert en Autriche, le 3ème fils : Martin voulant éviter l'incorporation de force, s'est réfugié à Balgau juste avant la libération de Blodelsheim, une rafale de mitrailleuse eut raison de lui, ce fut la seule victime civile de Balgau. Incroyable tragédie pour cette famille qui habita à côté du presbytère de Blodelsheim.

Pour ces Malgré-Nous consulter aussi les témoignages de Malgré-Nous ou familles sur la page dédiée à eux sur ce site.

A l'occasion du 8 février 2021, le 76ème anniversaire de la Libération de Blodelsheim fut évoqué sur le site Facebook de la commune de Blodelsheim.
Une personne commentait l'article en disant que son grand-père Malgré-Nous n'est pas revenu de la guerre. L'endroit de sa disparition fut la Haute-Silésie, sans plus de précision.
Il s'agit de René Werner qui fut Incorporé de force en 1944 père de famille de trois enfants.
Nous avons essayé d'en savoir plus à son sujet, les recherches déjà effectuées par Émile Decker purent être complétées.
Voici ci-dessous les éclaircissements...

Nouvelles recherches effectuées en janvier 2022 pour essayer d'en savoir plus sur les victimes militaires de la Seconde Guerre mondiale, leur lieu de sépulture et les liens familiaux selon des schémas partiels de généalogie.

Joseph Antony a été tué le 12-8-44 à Goniadz dans le Nord-Est de la Pologne. Il ne fut jamais retrouvé.

Son nom a été inscrit dans le Gedenkbuch de Sologubowka en Russie.

Il figure sur le site du Volksbund.de

En voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/8735a8c243ad8e4b3552f06d13af981a

Laurent Decker fut tué le 8-11-43 en Biélorussie, il est probablement inhumé au cimetière de regroupement (Sammelfriedhof) de Schtschatkowo près de Minsk d'après les dernières informations fournies par le Volksbund.de  en juin 2022.

Le document allemand ci-contre précise les circonstances de sa mort !
A. G. signifie An Geschoss Volltreffer.

Laurent Decker figure sur le site du Volksbund.de Gräbersuche. Notre demande a été prise en compte en mai 2022.

Voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/60b97d373e064c0612f5ca9ded4aff3d

En juin 2022 de nouvelles précisions du Volksbund.de au sujet de Laurent nous parviennent :

 

Lorenz Decker, * 28.12.1918 Blodelsheim/Elsass

 

Bisher lag uns zu Lorenz Decker keine Meldung vor. Wir haben alle relevanten Daten zu ihm in unserem System entsprechend ergänzt.

 

In Jerochi wurden von unserem Umbettungsdienst 108 Soldaten aus oberirdisch nicht mehr erkennbaren und teilweise geplünderten Gräbern exhumiert und zur Kriegsgräberstätte Schtschatkowo überführt. Es konnten nicht alle für den Ort gemeldeten Toten geborgen werden. 

 

Leider fand sich bei den Umbettungen keine eindeutiger Hinweis auf das Grab Ihres Angehörigen, der seine Identifizierung ermöglicht hätte. Er ist aber vermutlich einer jener deutschen Soldaten, die in Block 1 der Kriegsgräberstätte Schtschatkowo ruhen.

 

Diese Schlussfolgerung muss allerdings noch vom Bundesarchiv bestätigt werden. Vorsorglich bitten wir um Geduld.

 

Das etwa vier Hektar große Gelände der Kriegsgräberstätte Schtschatkowo liegt wenige Kilometer von der Stadt Bobruisk entfernt. Im Rahmen der baulichen Gestaltung wurde an zentraler Stelle des Friedhofes ein Gedenkplatz mit einem Hochkreuz angelegt. Die Zubettungsflächen wurden begrünt, mit Bäumen und Sträuchern bepflanzt sowie mit Symbolkreuzgruppen versehen.

 

Die Einzelgrablagen der dort Ruhenden sind nicht einzeln gekennzeichnet. Nur die Gräberblöcke sind entsprechend markiert. Die Lage der Gräber lässt sich anhand von so genannten Einbettungsplänen nachweisen. Bis zum Dezember 2018 wurden dort 34.172 Kriegstote aus verschiedenen Grablageorten eingebettet. Die Umbettungsarbeiten werden noch einige Jahre in Anspruch nehmen. In den kommenden Jahren wird dieser Sammelfriedhof der Schwerpunkt unserer Arbeit in Weißrussland sein.

 

Nach Stand der Umbettungen und Identifizierungen werden die Personalien der dort Ruhenden in alphabetischer Folge auf Granitstelen verzeichnet, die an den jeweiligen Gräberblöcken aufgestellt werden. Die Personalien Ihres Angehörigen wurden dort noch nicht berücksichtigt. Sobald die Beschriftung erfolgt ist, erhalten Sie einen gesonderten Bescheid.

Jusqu'à présent, nous n'avons eu aucun rapport sur Lorenz Decker. Nous lui avons ajouté toutes les données pertinentes dans notre système en conséquence.

 

À Jerochi, notre service de réinhumation a exhumé 108 soldats de tombes qui n'étaient plus reconnaissables et certains ont été pillés et transférés au cimetière de de Schtschatkowo. Tous les morts signalés n'ont pas pu être récupérés.

 

Malheureusement, lors des réinhumations, il n'y avait aucune référence claire sur la tombe de Laurent Decker qui aurait permis de l'identifier. Cependant, il fait probablement partie de ces soldats allemands qui sont enterrés dans le bloc 1.

 

Cependant, cette conclusion doit encore être confirmée par les Archives fédérales. Par précaution, nous demandons de la patience.

 

Le site d'environ quatre hectares de cimetière de regroupement est situé à quelques kilomètres de la ville de Bobruisk. Dans le cadre de la conception structurelle, un mémorial avec une croix haute a été aménagé au centre du cimetière. Les zones de lits d'appoints ont été végétalisées, plantées d'arbres et d'arbustes et pourvues de groupes de symboles.

 

Les tombes de ceux qui y sont enterrés ne sont pas marquées individuellement. Seuls les blocs funéraires sont marqués en conséquence. L'emplacement des sépultures peut être vérifié à l'aide de plans dits d'encastrement. En décembre 2018, 34 172 morts de guerre provenant de divers lieux de sépulture y furent déposés. Les travaux de réinhumation prendront encore quelques années. Dans les années à venir, ce cimetière collectif sera au centre de notre travail en Biélorussie.

 

Selon l'état des réinhumations et des identifications, les données personnelles de ceux qui y sont enterrés sont répertoriées par ordre alphabétique sur des stèles de granit qui sont installées dans les blocs funéraires respectifs. Les données personnelles de Laurent Decker n'y ont pas encore été prises en compte. Dès que l'inscription a été faite, vous recevrez une notification séparée.

Charles Dehlinger fut tué le 17-1-1945 près de Lyskornia en Pologne. Il repose au cimetière communal de ce village.

Charles Dehlinger figure sur le site du Volksbund.de

En voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/f5cf16a7bc2ee36a763f0dd13365172e

Prosper Dehlinger fut tué le 17-9-43 à Menzailowka en Russie. Il ne fut jamais retrouvé.

Prosper Dehlinger, né à Battenheim, figure depuis mai 2022 sur le site du Volksbund.de

Voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/4c5972b48cdafb1342ce41ab975632df

Charles Dreyer est mort accidentellement le 25-10-44 à Rochesson dans les Vosges. Pour le Service Historique de la Défense de Caen il fut considéré comme victime civile.

Henri Fricker fut tué le 11-3-44 à Trujani dans l'actuelle Croatie. Il repose Vinkovci.

Henri Fricker est mentionné sur le site du Volksbund.de 

Voici un lien vers le cimetière où son nom est mentionné :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/6e4c7df223d9028724a1d5078264efce

Cette branche Fricker s'est éteinte avec le décès de son père Louis en 1954. Les parents de Henri avaient déjà perdu un fils : Eugène en 1934. Cette pierre tombale fut préservée et se trouve au-devant du mur nord du cimetière Saint-Blaise.

Edmond Grotzinger est mort accidentellement le 26-12-39 entre Blodelsheim et Munchhouse. Il fut considéré comme victime militaire française.

Ernest Muller fut tué en Ukraine le 15-3-44. Il ne fut jamais retrouvé.

En médaillon, son père Xavier Muller, dit Schmett's Xavier, ils habitèrent dans l'actuelle rue de Gimont. Xavier et son épouse Henriette eurent quatre enfants, trois décédés en bas âge et donc Ernest comme Malgré-Nous !

Ernest Muller est mentionné sur le site du Volksbund.de

Son nom est écrit dans le Gedenkbuch du Sammelfriedhof de Kropyvnytskyi de Kirowohrad en Ukraine. 
Dans le même cimetière repose, d'après le Volksbund.de Eugène Thuet en tant que soldat inconnu !

Voici un lien pour accéder à la page où Ernest Muller est mentionné :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/6c739617506475e2bc3c8371850af61c

François Joseph PETER est mort le 1-8-44 à l'hôpital de Troppau d'après la fiche ci-dessous du Service Historique des Armées de Caen. Un témoignage d'une personne de Blodelsheim propose une ville du nom de Fribourg qui n'est pas Fribourg-en-Brisgau d'après les recherches effectuées. Alors peut-être Freyburg-sur-Unstrut (?). Mais cela ne peut être validé.  

 François Joseph (Josephlé) Peter fut gravement blessé à la tête. Il a été évacué dans un lazaret à Troppau à l'est de la Tchéquie actuelle (à moins qu'il le fut à Freyburg-sur-Unstrut ?). Xavier Peter, son père ; sa soeur Marie-Rose et Joseph Stahl, père d'Annette Renner, née Stahl, lui ont rendu visite après un long voyage en pleine guerre. François Joseph est décédé dès le soir de leur visite.

Quelques années plus tard, son corps fut rapatrié à Blodelsheim. Ce dut être fin 1948 ou début 1949. Une cérémonie dans la plus stricte intimité eut lieu au cimetière Saint-Blaise. François Joseph repose depuis, dans la tombe familiale.

François Joseph (Josephlé) Peter est le seul Malgré-Nous de Blodelsheim qui repose au cimetière local. 

Joseph PETER fut tué le 17-10-43 près de Podlushja en Russie. Il repose à Sebesh.

Avant d'être incorporé de force dans la Wehrmacht en 1942, Joseph Peter fut, en 1938, un soldat français avant l'exode à Gimont. 
Tragique destin !

Suite à notre demande et l'aide de Claude Hérold de Turckheim le Volksbund nous a envoyé trois photos du cimetière dont deux du monument funéraire où est écrit le nom de Joseph (Josef) Peter emporté le 17 octobre 1943 en Russie.

Ces photos ont été remises à Jacqueline Waltisperger pour qui Joseph Peter fut un oncle, ce fut le frère de son père René Peter.

Pour en savoir plus sur Sebesh en Russie où repose Joseph Peter, cliquer sur le lien ci-dessous :

 https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/b860dacb33a3d0a88e7aa955c1c89ba7

Marcel Ruh fut tué le 17-10-43 à Kiev en Ukraine, soit le même jour que Joseph Peter. Il ne fut jamais retrouvé.

Les parents de Marcel Ruh habitèrent à Mulhouse entre les deux guerres. Marcel est né à Mulhouse.
Selon le témoignage d'Anna Decker, Ruh Eugène et Stéphanie, née Stahl revinrent habiter à Blodelsheim dans la grande maison près de la "bascule" rue du Général de Gaulle dans les années 1960. Anna a le souvenir de cette Stéphanie qui fut d'une grande courtoisie et gentillesse. 
Ruh Eugène et Stéphanie, née Stahl ne furent pas parentés avec les familles Ruh ou Stahl habitants Blodelsheim aujourd'hui, ou sinon, que très éloignés.

Ruh Marcel figure sur le site du Volksbund.de depuis mai 2022.

Voici le lien https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/f7ea43693959ba3535e4844f181d87d8

Edouard Sitterlé fut tué le 6-11-44 dans l'actuelle Lettonie. Il ne fut jamais retrouvé.

Edouard Sitterlé a donc disparu à Grobin dans le Kurland en Lettonie où la Wehrmacht fut encerclée par l'Armée Rouge fin 1944 - début 1945.
Les pertes allemandes furent considérables.
Le Volksbund.de évoque 100 000 soldats allemands qui n'ont jamais été retrouvés ! 

Edouard Sitterlé a été cité sur le site du Volksbund.de

Son nom figure dans le Gedenkbuch du Sammelfriedhof de Saldus en Lettonie.

Voici un lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/1755653e03e03e3bd735bf4c0c453752

Martin Thierry fut tué le 7-2-45 à Balgau en voulant éviter l'incorporation de force comme pour ses deux frères. Il fut tué d'une salve des libérateurs étant sorti d'une cave. Ce fut la seule victime civile de Balgau. Il repose à Blodelsheim.

Martin Thierry fauché le le 7 février 1945 à Balgau repose dans la tombe familiale à Blodelsheim. Les prénoms de ses deux frères sont gravés sur cette dalle aussi, mais Paul repose en Russie et Robert en Autriche.

Paul Thierry fut tué le 8-7-44 en Russie. Il ne fut jamais retrouvé. 

Paul Thierry figure sur le site du Volksbund.de depuis mai 2022.

Voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/f7c380371b3f80a941940dfba3fad953

Robert Thierry fut tué le 20-2-45 à Innsbruck en Autriche. Il repose au cimetière d'Innsbruck-Amras.

Robert Thierry figure sur le site du Volksbund.de depuis mai 2022 après envoi de son acte de décès.

Voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/b48fa443206b255d12be35c6f52b6201

Photos reçues du Volksbund.de avec l'aide Österreichischen Schwarzen Kreuz du Tirol en Mai 2022.

Voici les précisions données par la personne de la "Croix Noire Autrichienne" qui a effectué les recherches sur Robert Thierry en mai 2022.

 

Die Angelegenheit Gefreiter Robert Thierry ist leider von mehreren Ungereimtheiten umgeben. In dieser Sache ist aber vorerst festzuhalten, dass die Angaben zum Gefreiten Robert Thierry mit unseren übereinstimmen – nur als Grabnummer haben wir 148 B – „B“ bedeutet Doppelgrab. Wir haben dieses Grab am Amraser Soldatenfriedhof auch eruieren können (siehe Fotos in der Anlage). 

Als Sterbedatum haben Sie, gemäß Ihren Unterlagen, den 20. Februar 1945 angegeben. Wie sie vom Foto zur Grabtafel entnehmen können wurde hier als Monat „11“ (= November) angegeben. Wir können uns hier nur vorstellen, dass ein handschriftliches „römisches II“ als „11“ letztlich auf die Tafel übertragen wurde... Man kann in diesem Fall nur annehmen, dass der Genannte in einem der Lazarette in Innsbruck verstorben ist... Zusammenfassend kann man nun letztlich sagen: der Gefreite Robert Thierry, gest. 20.02.1945 hat in einem Doppelgrab in Innsbruck am  Soldatenfriedhof im Ortsteil Amras seine ewige Ruhe gefunden.

 

Robert Thierry repose dans une tombe double. La date inscrite sur la plaque est inexacte due à une confusion entre le II romain qui devint un 11 pour novembre ! Robert Thierry est donc mort le 20 février 1945 probablement des suites de ses blessures dans un des lazarets de la Ville d'Innsbruck et qu'il a trouvé son repos éternel dans ce cimetière d'Amras secteur d'Innsbruck.

Bien des années après la Deuxième Guerre mondiale la famille s'accrocha à l'espoir du retour de Robert THIERRY dans sa famille, en 1954 encore, l'espoir demeura selon un témoignage...

Ci-dessous des courriers déposés dans les archives municipales attestent cet espoir... en vain.

L'espoir suscité par un témoignage d'un soldat ayant cru avoir reconnu Rober THIERRY s'est avéré faut. Ce pauvre Robert est donc bien mort à Innsbruck en février 1945 !

Eugène Thuet fut tué le 14-1-44 dans l'actuelle Ukraine. Il repose comme soldat inconnu dans le Sammelfriedhof près de Kirovohrad, cimetière où est mentionné aussi Ernest Muller.

Albert Werner fut tué le 12-3-43 en Russie. Il ne fut jamais retrouvé.

Albert Werner est cité sur le site du Volksbund.de

Son nom a été mentionné dans le Gedenkbuch de Sologubowka en Russie.

Voici un lien pour accéder à la fiche d'Albert Werner:

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/800a7700dc75fad6e92731e5e4b7f840

René Werner fut tué le 1er février 1945 en Pologne. Il ne fut jamais retrouvé.

En 1995 Émile Decker avait en effet pris contact avec la Croix Rouge polonaise, la tombe de René Werner ne fut pas trouvée, la traduction du courrier évoque qu'il pourrait avoir été inhumé dans une tombe commune de soldats allemands au cimetière de Lanach (Lany).

D'après les précisions de la Croix Rouge polonaise en 1995, organisme avec lequel Émile Decker avait pris contact, René Werner fut inhumé à Lany (en polonais) Lohnau (en allemand) peut-être repose-t-il dans ce monument funéraire en plein cœur de ce village...

Pour René Werner de nouvelles recherches faites en automne 2021 n'ont pas permis d'en savoir plus sur lui. Le personnel administratif de Lany (ou Lohnau) nous a envoyé plusieurs photos d'un Massengrab où reposent des soldats allemands tombés en janvier et février 1945, plusieurs noms figurent sur la tombe commune, malheureusement René Werner, n'y figure pas !

René Werner est cité sur le site du Volksbund.de

Voici un lien pour accéder à sa fiche :


https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/87e35083b25bd87d0a0469e53c86b8cb

Emile Witz fut tué le 3-8-44 en Russie. Il ne fut jamais retrouvé.

Le Volksbund a écrit son nom dans le Gedenkbuch du Sammelfriedhof de Kursk-Besedino.

Emile Witz figure donc sur le site du Volksbund.de

En voici le lien :

https://www.volksbund.de/erinnern-gedenken/graebersuche-online/detail/3f40b4be844c38af846b1398a53b0051
 

Pour ce faire une idée de la disparition de ces Malgré-Nous, voici deux liens vers deux documentaires allemands qui relatent la tragédie de la disparition de centaines de milliers de soldats allemands, dont des alsaciens-mosellans, incorporés de force sur le front de l'Est qui n'ont jamais été retrouvés !

Depuis peu les Malgrés-Nous et leur histoire sont aussi cités sur le site internet de Mémoire des Hommes.


Tous les garçons inscrits au monument aux morts de la place du 14-juillet n'apparaissent pas sur le site en faisant une recherche en mentionnant comme lieu de naissance : Blodelsheim.

La raison ? Des garçons ne sont pas nés à Blodelsheim, tels Prosper Dehlinger, né à Battenheim ou Marcel Ruh, né à Mulhouse.

Par contre, on y trouve des noms de garçons inconnus et qui ne sont pas inscrits aux monuments aux morts : place du 14-juillet.

La raison ? Ces familles avaient quitté Blodelsheim pour s'installer dans une autre commune avant la Deuxième Guerre mondiale.

Voici un lien pour accéder au site internet de "mémoire des hommes" pour les garçons nés à Blodelsheim, morts Malgré-Nous :

https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/arkotheque/client/mdh/incorporation_force_alsaciens_mosellans/resus_rech.php

Rappelons aussi qu'Edmond Grotzinger est une victime militaire française et que Charles Dreyer et Martin Thierry sont classés comme victimes civiles par le Service Historique de la Défense de Caen.

Ce travail a été possible grâce à l'aide de Claude Herold de Turckheim, grand connaisseur des Malgré-Nous et des soldats tombés dans les deux Guerres mondiales dont il recherche les lieux de sépultures.

L'incorporation de force déclarée par le Gauleiter Wagner le 25 août 1942 fut une tragédie pour l'Alsace et la Moselle.

130 000 Alsaciens-Mosellans des classes 1908 à 1927 en furent victimes.

34  000 ne reviendront pas.

Les 19 victimes militaires, telles inscrites au monument aux morts de Blodelsheim, furent tués dans pays actuels suivant :

- 1 en Autriche :                        Robert Thierry
- 1 en Croatie :                           Henri Fricker
- 3 en France :                            Charles Dreyer, Edmond Grotzinger et Martin Thierry 
- 1 en Lettonie :                         Edouard Sitterlé
- 3 en Pologne :                          Joseph Antony, Charles Dehlinger et René Werner
- 1 en République tchèque :  François Joseph Peter
- 3 en Ukraine :                          Ernest Muller, Eugène Thuet et Marcel Ruh
- 6 en Russie :                             Laurent Decker, Prosper Dehlinger, Joseph Peter, Paul Thierry, Albert Werner et Emile Witz

- 3 sont inhumées au cimetière Saint-Blaise de Blodelsheim : François Joseph Peter dont le corps fut rapatrié à la fin des années 1940, Edmond Grotzinger et Martin Thierry (considéré comme victime civile par le S.H.D. de Caen).
- 3 reposent dans une tombe nominative : Charles Dehlinger à Lyskornia en Pologne. Charles Dreyer à Rochesson dans le département des Vosges en France et Robert Thierry à Innsbruck-Amras en Autriche.
- 2 reposent dans un Massengrab : Joseph Peter à Sebesh en Russie et Eugène Thuet comme soldat inconnu au cimetière de Kropyvnytskyi près de Kirowohrad en Ukraine. 
- les 11 autres victimes, n'ont à ce jour, pas été retrouvées en Lettonie, Pologne, Ukraine et Russie. 

 

Les victimes civiles de Blodelsheim

Ce qu'on sait d'eux d'après les témoignages de Émile Decker, René Brun et Henri Decker.
Pour ces personnes, des anciens de notre village se souviennent de ces tragédies où 10 personnes trouvèrent la mort dont quatre jeunes garçons, des personnes âgées et bien sûr le Colonel Charles Dewatre (pour celui-ci consulter aussi le thème dédié).

Jean-Baptiste Hugelin fit partie des victimes civiles de Blodelsheim. Sa branche familiale s'est éteinte. La croix de la tombe a été sauvegardée  et a été placée au-devant du mur nord du cimetière Saint-Blaise. 

Les victimes civiles

 

 Témoignages sur leurs décès par Émile Decker, René Brun et Henri Decker.

 

Forster Charles : ce fut le fils de Charles et Joséphine, née Marter. Né le 26 novembre 1929. Il fut tué le 7 février 1945, âgé de 16 ans.

Cette famille habita dans l’impasse Hammerstatt et en février 1945 dans la maison de la famille Enderlin, rue du Rhin (rue du Canal d’Alsace actuelle).

Le 7 février, le jeune garçon se trouva dans la cour de la famille Brun Eugène (bis Helmis disait-on) rue du Rhin (la rue du Canal d’Alsace actuelle donc). La Libération se précisa mais les allemands en retraite envoyèrent, à partir de la rive droite du Rhin, des tirs de mortier sur le village. Les habitants s’en protégèrent en barricadant leur entrée où fenêtres de maison par des poutres ou planches. Ce 7 février Charles Forster fut dans la cour de la famille Brun, tout d’un coup, un tir de mortier atterri dans la cour, la tête du jeune garçon s’en fut litéralement tranchée, il est mort sur le coup !

 

Thierry Martin : ce fut le 3ème fils de Ernest et Maria (Ernestine), née Sitterlé. Né le 26 août 1926. Il fut tué à Balgau le 7 février 1945 à l’âge de 18 ans.

Ses deux frères furent déjà des victimes Malgré-Nous. Pour échapper à l’Incorporation de force il a cherché refuge à Balgau, sans doute chez des connaissances de la famille. Des tirs de libérateurs (américains ?) le touchèrent fatalement, alors qu’il était sorti de la cave d’une maison qui se situe dans la rue du 7 Février actuelle, 2ème maison au sud de la rue avant la voie ferrée (aujourd’hui la piste cyclable). Ce fut la seule victime civile de Balgau.

Sur le monument aux morts de Blodelsheim, le garçon figure parmi les victimes militaires en voulant, comme dit, se soustraire à l'incorporation de force.

 

Sauter Marcel : fils de Eugène et Jeanne, née Witz. Né le 30 décembre 1928. Il fut tué le 8 février 1945, âgé de 17 ans. La famille habita rue du Château d’Eau. Il se trouva dans la rue Principale (Général de Gaulle aujourd’hui) devant la maison de la famille de Werner Henri voyant les Libérateurs arriver, soudain un tir de mortier venu de l’autre côté du Rhin des allemands, faucha Sauter Marcel et Winckler Robert. Ils furent transportés dans la cave de la maison. Decker Henri se trouva a proximité et vit avec stupeur que ses camarades ne bougèrent plus dans la dite cave, car mortellement blessés !

 

Decker Xavier : né le 27 novembre 1865 et son épouse Albertine, née Renner, née le 8 octobre 1874. Ils habitèrent à l’ouest de la maison de l’hôpital, dans la rue du Calvaire.

Le 8 février 1945 un obus ou mortier allemand (?) atteignit leur maison.

Albertine fut tuée sur le coup. Elle avait 71 ans.

Xavier, transféré à l’hôpital de Mulhouse décéda de ses blessures le lendemain, 9 février à l’âge de 80 ans.

 

Heller Joseph : né le 8 octobre 1883.  Il fut l’époux de Joséphine Stoffel. Ce couple habita dans la rue du 8 Février (ainsi nommée aujourd’hui, à côté de la propriété Troller). La maison subit un bombardement ou tir de mortier allemand ? Il fut gravement blessé et décéda le 13 février 1945 à l’hôpital de Mulhouse.

Heller Joseph et Joséphine Stoffel se sont mariés le 10-2-1905. Ils eurent trois enfants : Maria Eugénie, née en 1905. Eugène, né en 1909. Le troisième ?

Nous découvrons un Kriegsstammrolle soit sont parcours dans la Grande Guerre dont il est revenu sain et sauf... mais il décède donc à la Libération de Blodelsheim en février 1945 !

Hugelin Jean-Baptiste : il fut l’époux de Joséphine Burglin. Né le 7 novembre 1883. Gravement blessé par un tir de mortier allemand ? A son domicile qui se trouva dans la rue Principale (Général de Gaulle aujourd’hui) au-devant de la maison Waltisperger. Il décède le 12 juin 1945 à l’hôpital de Carspach.

 

Lutz Charles : il fut l’époux de Alphonsine Gaba. Fut mineur de métier. Il aurait tué par l’explosion d’une mine à Sausheim (?) le 19 février 1945. (son domicile se situa dans l’impasse du Centre à Blodelsheim (devenue la maison de Marcel et Célestine Hugelin après la guerre).

 

Witz Lucien : il fut le fils Xavier et Catherine, née Antony. Né le 13 avril 1938. Il fut tué par des munitions dangereuses qui gisaient partout, certaines avec des têtes explosives de type 12,7 voire plus… que des enfants manipulèrent pensant jouer avec des artifices ou pétards. L’accident eut lieu le dimanche soir 28 mai 1945 après l’office du Rosaire devant la cour Reithinger. Il y avait là, Brun Pierre et René et Sitterlé Bernard notamment. Le petit Witz Lucien âgé de 7 ans fut mortellement blessé au ventre en jetant une de ces munitions dans la rue Principale (Général de Gaulle aujourd’hui) juste devant la boulangerie Grenacker, il est décédé quelques heures plus tard.

 

Schillinger Joseph : il fut l’époux de Caroline Mundwiller. Né le 25 février 1871. Le souvenir qu'en a gardé la famille : "Joseph était curieux de savoir ce qui se passait et qu'il est allé dans sa cour pour voir de plus près. C'est là qu'il a été touché par le tir de mortier allemand". Sa maison se situa dans l’impasse Valentin (aujourd’hui la rue Valentin). Transporté à l'hôpital, il décèda le 14 février 1945 à l’âge de 62 ans à l’hôpital de Mulhouse.

 

Winckler Robert : fils de Albert et Thérèse Thuet. Né le 11 novembre 1928. Mortellement blessé en même temps que Sauter Marcel.

Cette famille habita dans la rue des Remparts.

Depuis la seconde guerre mondiale, aux commémorations, on se souvient des victimes militaires et civiles. Le 7 mai 1961 plus particulièrement encore, à l'occasion de l'inauguration du monuments aux morts. Les parents, conjoints et proches des victimes furent honorées...
Aujourd'hui ces personnes ne sont plus, mais les commémorations demeurent.
Le 8 février 2020 elle fut particulièrement émouvante, en présence des descendants du Colonel Dewatre († 1945) la commune a honoré ses victimes militaires et civiles dont Liliane Hombert a cité les noms de manière poignante.
Ce souvenir s'est terminé autour d'un verre de l'amitié et d'une expo photos de François Antony à l'école maternelle Charles-Dewatre. Ce fut aussi la dernière présence d'Émile Decker (avant qu'il ne fut emporté par le covid) qui a tant cherché à préserver le souvenir des disparus des deux Guerres mondiales. 

Autres victimes méconnues en lien avec Blodelsheim

René RENNO (1926-1944) un Malgré-Nous natif de Blodelsheim, vécu à Rumersheim-le-Haut, a disparu en Lettonie.

Il est à relever un autre Malgré-Nous qui est né à Blodelsheim : René Renno.
Il fut le fils de Renno Xavier et Eugénie née Deckert, né le 15 novembre 1926. Sa maman Eugénie est morte le 21 décembre 1926,
5 semaines après la naissance de René.
Il vécut à Rumersheim avec son père et la seconde épouse de celui-ci:  Célestine Tschirhart originaire de Roderen.
Sa maman Eugénie fut inhumée à Blodelsheim, sur sa pierre tombale fut gravé le nom de son fils.
René Renno, fut donc un Malgré-Nous lui aussi.

René Renno n'a jamais été retrouvé. Mais sous sa photo ci-haut, il est mentionné Kurland,
il a donc disparu dans cette région qui fait partie de la Lettonie.
Comme Edouard Sitterlé, il fit partie des troupes allemandes qui furent encerclées par l'Armée rouge fin 1944 - début 1945.

Un grand merci à Ramuntcho Dewatre, petit-fils du Colonel Charles Dewatre pour l'envoi de la carte d'État-Major de 1945

À Monsieur le maire François Béringer et au personnel de la mairie de Blodelsheim pour avoir permis de consulter les registres
d'état-civil et autres aides

À Claude Hérold de Turckheim

Aux personnes contacts du Volksbund.de organisme allemand qui entretien la mémoire des victimes des deux Guerres mondiales et du Österreichschischen Schwarzen Kreuz.

À Nicolas Mengus qui gère le site des Malgré-Nous, dont voici le lien :  https://www.malgre-nous.eu

À Marlyse Hussherr, née Peter de Roggenhouse

À Annette Renner, née Stahl

À Henri, Anna et Josiane Decker

À René et Jonathan Brun

À Yvette Huguet de Saasenheim, petite-fille de Maria Schillinger

Et toutes les personnes, qui d'une façon ou d'une autre, ont apporté aide et témoignage.

Les documents et photos sont issus des archives d'Émile Decker sauf précision des autres sources.


Pour le mois d'août 2022, à l'occasion du 80ème anniversaire du décret du Gauleiter Wagner signifiant l'incorporation de force, un documentaire sera également proposé et dédié aux 17 Malgré-Nous disparus et à toutes les  victimes de la guerre liées à Blodelsheim.





Mai 2022.