Au XIXe siècle des familles suisses de Bâle achetèrent de nombreux terrains fonciers à Blodelsheim

Ce furent : Friedrich Hoffmann-Merian
Christoph Merian-Hoffmann - Senior
Christoph Merian-Burkhard - Junior
Johann Jakob Rosenburger-Rapp

Ces familles évoluèrent dans l'industrie ou le secteur bancaire

Terres qui se sont transmises entre ces familles entre 1810 et 1840

Christoph Merian-Hoffmann - Senior, surnommé "le riche Merian" fut aussi militaire au sein des troupes du roi de France Charles X.
Investisseur multiple, il posséda aussi le Domaine de Bonnefontaine en Moselle.

DES RICHES PROPRIETAIRES SUISSES A BLODELSHEIM AU DEBUT DU 19ème  SIECLE

 

 

On découvre des propriétaires suisses à Blodelsheim à partir de 1810. On trouve trace d’un Jean Jacques ROSSENBURGER et son épouse Elisabeth RAPP, banquier en retraite et propriétaire d’un grand domaine à Blodelsheim.

 

On trouve également  un Frédéric HOFFMANN-MERIAN, industriel à Bâle, fabriquant de ruban de soie et propriétaire à Blodelsheim.

 

Puis, un Christophe MERIAN-HOFFMANN, citoyen suisse, banquier à Bâle, grand propriétaire en la commune de Blodelsheim avant 1824.

En 1820, quelques renseignements nous parviennent de ce propriétaire.

 

Qui était ce Christophe MERIAN-HOFFMANN ?

 

On ne sait comment ces citoyens suisses sont devenus propriétaires à Blodelsheim. Sûrement par l'intermédiaire de placements.

 

Mais il est intéressant de s’arrêter quelque  peu sur Christophe MERIAN-HOFFMANN. C’est un industriel et banquier suisse qu’on découvre à travers des textes concernant l’importante « Fondation Christophe MERIAN » à Bâle.

 

Cette famille MERIAN est originaire du Jura Bernois. Des membres de cette ancienne famille se sont fixés à Bâle à la fin du 16ème Siècle et au début du 17ème.

 

 

Christophe MERIAN-HOFFMANN était appelé « le riche MERIAN » car il possédait une fortune considérable qu’il a acquise grâce au commerce et grâce aux spéculations audacieuses durant le blocus continental de Napoléon Ier. Pour placer les capitaux, il achetait maints domaines soit en Alsace, soit en Lorraine et autour de la ville de Bâle.

 

En 1830, MERIAN-HOFFMANN était alors propriétaire d’un grand domaine à Blodelsheim, qu’il fît administrer par un jeune suisse : Monsieur Laurent AEBY né en 1801 à Kirchberg (Canton de Bern), régisseur et administrateur d’un corps de biens composé de 162 hectares de terrains de toute nature.

 

Laurent AEBY et son épouse Salomé ÖHLERT résidaient pendant de longues années à Blodelsheim, quatre enfants sont issus de ce couple durant leur séjour en notre localité.

 

Laurent AEBY étant régisseur d’un grand domaine que seul, il ne pouvait exploiter, il employait donc une main d’œuvre importante ainsi que locale à laquelle il fit exécuter différents travaux sur le territoire communal et que la municipalité ne pouvait accepter.

 

Dans un communiqué adressé au Préfet, le maire Fr. Joseph REITHINGER expose les plaintes réitérées par le conseil municipal et la majorité des habitants de cette commune.

Il est dit, entre autres, que le régisseur par esprit de contradiction et d’envahissement, outrepassa sans doute le mandat reçu de son employeur, ne cesse d’exercer toutes sortes d’entreprises répréhensibles au préjudice des divers droits de la commune et des particuliers.

 

Après la mort de son épouse Christophe MERIAN, père céda à son fils Christophe entre autre ses domaines en Alsace. Celui-ci les vendit vers 1840 car il se concentra à augmenter les terrains du domaine de Brüglingen en Suisse.

 

Le fils Christophe MERIAN-BURCKHART né en 1800, est décédé le 22 août 1858 à l’âge de 58 ans. Son épouse Margareta est décédée le 3 mai 1886. Le couple était resté sans enfant.

 

Vu que celui-ci n’avait pas eu d’enfant, Christophe a rédigé un testament considéré comme le couronnement de son œuvre. En signe de reconnaissance envers la grâce divine pour tous les bienfaits qui lui avaient été accordés au cours de son existence. Il légua sa fortune à son épouse en stipulant qu’après son décès, l’ensemble du patrimoine reviendrait à sa « bonne ville de Bâle » afin de soulager la misère, de promouvoir le bien de l’humanité et de favoriser la bonne marche des institutions  relevant de l’autorité de la ville. Les dispositions testamentaires prévoyaient que le capital resterait intact et que seul les intérêts et le revenu des biens pourraient être employés par la ville à des faits de bienfaisance et d’utilité publique.

 

A Bâle, la Fondation MERIAN s’efforce d’appliquer les intentions de son fondateur, de contribuer par ses bénéfices à des taches d’utilité publiques, mais aussi d’œuvrer de façon respectée les dernières volontés du grand bienfaiteur que fut Christophe MERIAN, qui termine son testament comme suit : « Mon unique souhait est qu’avec l’aide de Dieu et l’appui des autorités, cette fondation puisse servir au bien et à l’édification des générations présentes et à venir. » 

 

La Fondation Christophe MERIAN appelée aussi « FCM » est une importante propriété foncière de Bâle et des environs. De nombreux terrains agricoles sont loués en fermage par des agriculteurs. Elle est propriétaire de nombreux logements et de maisons individuelles. Elle entretient aussi un orphelinat, des maisons de retraites et des centres sociaux, etc.

 

A Blodelsheim, les traces et les souvenirs de ce Christophe MERIAN ont disparu seul d’anciens documents en parlent.

Ce richissime couple suisse Christophe et Margaretha Mérian resté sans enfant fit le bien à Bâle en apportant réconfort aux gens démunis.

Source : photo ci-contre : "Stiftung Christoph Merian".

Christoph Merian, junior (1800-1858)

Pour en savoir plus sur la famille Mérian consultez Wikipedia dédié à Christophe Mérian mais aussi la "Merian Stiftung" de Bâle.

Les relations entre le régisseur Aeby qui oeuvra aux noms de ces propriétaires suisses Hoffmann et Merian et les propriétaires Blodelsheimois ne furent pas toujours cordiales, pour preuve cette séance extraordinaire du conseil municipal en décembre 1830...

Le litige est dû aux droits de pâture des bêtes à laine sur le ban communal dont le dit régisseur outrepassa ses droits !

Après les familles Hoffmann et Merian ce fut la famille Rosenburger qui racheta ces terres. Johann Jakob Rosenburger fut un banquier Bâlois. Ils ne gardèrent ces terres que peu de temps, puis les vendirent à la famille de Monteloy de Montillet en 1843.
Voici les portraits de Johann Jakob Rosenburger et de son épouse Anna Elisabeth Rosenburger-Rapp.


Un grand merci à Herr André Salvisberg, historien Bâlois, pour son aide précieuse.

Patrick Decker, Blodelsheim, octobre 2021.