Guerre 1914 - 1918

La thème proposé ici est la Première Guerre mondiale mais relatée à travers le prisme local de Blodelsheim.

En 2018, un siècle après l'armistice du 11 novembre 1918, l'année fut riche en évènements : commémorations sur tous les hauts-lieux de la guerre 14-18. Pléthores d'ouvrages d'historiens spécialisés sur cette Première Guerre mondiale furent édités.

En Alsace plus particulièrement, le mémorial du HWK soit le Hartmannswillerkopf, fut inauguré par le Président de la République Emmanuel Macron en présence de Frank Walter Steinmeier, Président de la République Fédérale d'Allemagne en présence de toute la classe politique du Grand Est. La jeunesse fut invitée en nombre. Ce furent des moments de fraternité par-dessus les tombes de ces milliers de soldats français ou allemands tombés au Hartmann comme on l'appela il y a un siècle !

Après la guerre 1870-1871 perdue par la France de Napoléon III face aux états fédérés prussiens de Guillaume 1er, le Traité de Francfort du 10 mai 1871 scella l'annexion de l'Alsace et de la Moselle à l'Allemagne. Les ressortissants mosellans et alsaciens devinrent donc allemands de fait... le 1er août 1914 à la déclaration de la 1ère guerre mondiale, les garçons mosellans et alsaciens en âge de combattre seront donc des soldats allemands !
L'Alsace fut donc allemande depuis 43 ans au début du conflit et dans ce contexte on ne saura jamais les états d'âme des jeunes alsaciens et Blodelsheimois en particulier.

Voici des photos d'époques de jeunes Blodelsheimois engagés dans cette funeste Première Guerre mondiale.

Source :  archives d'Émile Decker pour la photo d'Adolphe Decker et Robert Judas pour les photos de Eugène Haas et Georges Judas dont ce furent les grands-pères.

Antoine Sitterlé revint sain et sauf de la Grande Guerre. Il se trouve aussi sur la photo de groupe ci-dessous.

Peut-on s'imaginer ce qu'on vécu ces garçons Blodelsheimois,

eux parmi des millions d'autres, toutes nations confondues ?

Comment ont-ils ressenti l'inhumanité de cette guerre ?

Quel fut leurs états d'âme ?

Leurs inquiétudes ?

Leurs souffrances ?

Comment ont-ils pu supporter la mort rodant quotidiennement ?

Traduction de la lettre ci-contre envoyée par Albert Stoffel à ses tantes le 22  novembre 1914 de Büderich en Rhénanie du Nord près du Rhin.

Büderich, le 22 novembre 1914

Très aimées tantes

Je vous envoie un portrait de tous les Blodelsheimois qui sont ici à Büderich, deux sont à présent à Wesel. Vous avez sûrement reçu le courrier que je vous ai envoyé dimanche dernier. Ici il fait déjà froid, ça doit être pareil chez-vous. Lundi dernier nous avons tiré pour la première fois à balles réelles, les trois meilleurs tireurs sont récompensés. J'étais le meilleur de mon groupe, j'ai reçu 80 Pfennig, le 2ème : 65 Pfennig et le 3ème a reçu 55 Pfennig.

Vous salue de tout coeur Albert STOFFEL.

Les noms des soldats Blodelsheimois se trouvent sur la photo au début de ce thème ci-haut.

A Blodelsheim même, la guerre fut vécue dans les familles aussi, telle au sein de la famille André et Madeleine Thuet, en même temps que leur fils André fut sur un front de guerre, d'autres soldats logèrent dans la grange de la famille !

Photo de 1915. La rue Principale du village est sans vie ou presque !

1917 : dans la rue du Rhin on vaquait au quotidien, il fallut rentrer les foins.

1917-1918 : une ligne de chemin de fer à l'ouest du village fut créée pour acheminer le matériel militaire vers les fronts du Haut-Sundgau et les Hautes-Vosges.

Journal de marche de Xavier Redelin et Victor Decker de Blodelsheim.

Témoignage du décès de Xavier Redelin

 

Sur les monuments aux morts en l'église Saint-Blaise et sur celui de la place du 14-juillet de Blodelsheim on peut lire le nom de Xavier Redelin (1896-1915).

Il est mort à Neuve-Chapelle dans le nord de la France.

Victor Decker, Émile Decker et Albert Stoffel témoigneront après la guerre les circonstances de son décès. Le 13 janvier 1915, de sa tranchée, il était guetteur et fut chargé d'observer la tranchée française située en face.

Soudain, Xavier Redelin ne bougea plus, il avait pris une balle en pleine tête !

Ci-dessus deux photos faites au cimetière militaire allemand de Wicres dans les Hauts-de-France par Simone et Paul Fohrer de Blodelsheim.

21 jeunes Blodelsheimois ne rentreront plus dans leurs foyers et furent victimes de cette 1ère guerre mondiale.
 
Ce qu'a écrit Emile Decker sur ces jeunes garçons de Blodelsheim mobilisés dans l’armée allemande tués au cours de la guerre de 1914 – 1918...
 
L’Alsace étant sous administration allemande après la défaite de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, depuis 1871 et cela jusqu'en 1918, les jeunes gens d’Alsace ont dû faire leur service militaire au sein de l’armée allemande. Au cours de la première guerre mondiale, à partir de 1914, tous les jeunes hommes en âge de faire leur service militaire ont été appelés sous le drapeau allemand pour cette guerre qui dura 4 ans du 1er août 1914 au 11 novembre 1918. Beaucoup sont tués sur divers champs de bataille, soit dans les combats du Nord de la France, soit dans les combats de l’Est, voire en  Russie … !

Des Blodelsheimois de nombreuses classes d'âge furent enrôlés dans cette première guerre mondiale. Ainsi on trouve des garçons nés en 1875 jusque dans les années 1895.
 
21 jeunes gens de Blodelsheim ont laissé leur vie dans les durs combats que les armées allemandes menèrent à travers les différents pays d’Europe. Les noms des jeunes gens de Blodelsheim qui suivent furent tués sous l’uniforme allemande, triste sort pour les alsaciens et mosellans, pays frontaliers, ballottés entre la France et l’Allemagne.
 
Extrait du registre des décès de l’état civil de Blodelsheim, ces noms figurent sur le Monument aux Morts de notre localité.
 
Laurent DECKER né le 29-05-1891 à Blod. fils de Xavier et Maria THUET, soldat dans la 2ème comp. 1er bat. du 113ème Régt. d’Infanterie allemand, âgé de 23 ans tué le 5-01-1915 à 62 Hulluch, enterré à Annay – Pas de Calais.
Albert STOFFEL témoigna à la fin de la guerre avoir encore vu Laurent, agonisant dans un Lazaret (?) où il est décédé peu après. Ceci nous a été rapporté par René Brun en 2021.
Ce qui sous-entend que Émile DECKER (père de Fernand Decker) et VIctor DECKER (père d'Émile DECKER, l'historien local décédé en 2020) l'ont peut-être vu aussi ? Albert Stoffel, Émile Decker et Victor Decker firent toute la Première Guerre mondiale ensemble.

 
Eugène DECKER né le 6-08-1896 à Blod. (frère de Laurent DECKER) fils de Xavier et Maria THUET, soldat dans la 4ème comp. du 18ème Régt. d’Infanterie Prussienne, âgé de 19 ans tué le 12-09-1915 à Eckengraf (à l’Est)
 
Gustave DECKER né le 19-06-1880 à Blod. fils de Joseph et Madeleine SITTERLE mobilisé dans l’armée allemande, à trouvé la mort le 31-08-1915 âgé de 35 ans, était marié et père de deux enfants. (pas de précision)
 
Alois BRUN né le 14-08-1892 à Blod. fils de Alois et Maria THIERRY, soldat dans la 10ème
comp. du 19ème Régt. Prussien Royal, âgé de 22 ans est tué le 18-11-1914 dans les combats près de Kavaka … ?
 
Alois THIERRY né le 14-06-1891 à Blod. fils de Jacques et Madeleine THUET, soldat au 5ème Régt. d’Infanterie Badois Allemand, âgé de 23 ans est tué le 20-08-1914 près de 57 Saarbourg.
 
André THIERRY né le 26-05-1897 à Blod. ( frère de Alois THIERRY ) fils de Jacques et Madeleine THUET, soldat de la 2ème comp. du 220ème Régt. d’Infanterie de réserve Prusienne, âgé de 18 ans est tué le 29-07-1915 à Kraczewice (Est)
 
Xavier THIERRY né le 17-06-1896 à Blod. fils de Alphonse et Odile SITTERLE, soldat de la 3ème comp. du 18ème Régt. d’Infanterie Prussien, âgé de 19 ans est tué le 28-08-1915 à Friedrichstadt (à l’Est)
 
Xavier REDELIN né le 4-06-1896 à Blod. fils de Louis et Catherine MULLER, soldat à la 9ème comp. du 53ème Régt. de Westphalie, âgé de 19 ans est tué le 13-01-1915 près de 62Neuve Chapelle ( Pas de Calais ) la tombe est retrouvée dans un cimetière par Ernest SITTERLE domicilié à Metz.
 
Alois ROTHENFLUCH né le 26-06-1887 à Blod. fils de Martin et Thérèse STAHL, soldat à la 7ème comp. du 40ème Régt. Royal Prussien, âgé de 29 ans est tué le 13-09-1916 à 80 Péronne, enterré au cimetière de Buire – Somme.

Joseph ZIRGEL né à 68 Bergheim, domicilié à Blod. fils de Napoléon et Barbe Wolf de Colmar, âgé de 22 ans est tué le 27-11-1916 à Wainoden… ?
 
Louis STAHL né en 1900, fils de Georges et Eugénie KUHN, soldat à la 2ème comp. du 80ème Régt. des fusiliers, est mort (noyé) le 6-10-1918 à Biebrich am Rhein – Allemagne.
 
François Joseph FRICKER né le 8-1-1893 à Blod. fils de Alois et Catherine JECKER soldat grenadier à la 7ème comp. di 1er Régt. d’Infanterie de la garde, âgé de 25 ans est tué le 27-09-1918 est enterré au cimetière de 08 Briquenay (Ardenne)
 
Joseph SETTELEN né le 11-09-1893 à Blod. fils de Charles, cantonnier, né à Hirtzfelden et Madeleine KOCH née à Fessenheim, soldat à la 10ème comp. du 53ème Régt. d’Infanterie de la Landwehr, âgé de 25 ans est mort le 23-10-1918 dans le Lazaret (Hôpital de Campagne) à Féodosia (à l’Est)
 
Ernest SITTERLE né le 9-06-1894 à Blod. fils de Albert et Maria THUET, soldat au 2ème bataillon de Réserve du 151ème Régt. d’Infanterie allemande, âgé de 21 ans est tué le 23-03-1915 à Wack… ? ( pas de précision…)
 
Isidore THUET né le 15-11-1892 à Blod. fils de Xavier et Catherine RUSCH, soldat au 118ème Régt. d’Infanterie, 7ème comp. âgé de 23 ans tué le 22-10-1915 près de Dobroda, enterré près de Golobock, (pas de précision)
 
Eugène GRINGER né en 1875 à Obersassheim époux de Joséphine MUFF de Blod. et fils de Auguste et Rosalie GRINGER de Obersassheim, soldat à la 4ème comp. du 110ème Bataillon du Génie ( Armierunsbatallion ), âgé de 40 ans est mort le 26-06-1915 à Willenburg … ?
 
Alois GABA né le 25-06-1893 à Blod. fils de Blaise et Marie RENNER, âgé de 25 ans est tué sous l’uniforme allemande le 25-08-1918 à Bapeaume, Nord de la France.
 
Alois JORDAN né le 4-06-1896 à Blod. fils de Alois et Odile HUEBER, âgé de 22 ans est tué en 1918,  Etat civil de la mairie de Blodelsheim, Transcription du décès faite dans le registre des décès à la date du 10-07-1931.
 
Ernest SETTELEN née le 6-08-1884 à Blod. âgé de 34 ans tué en 1918. – le décès n’est pas enregistré dans le registre de l’état civil de Blodelsheim.
 
Emile MULLER né le 21-02-1886 à Blod. âgé de 28 ans est tué en 1914 – le décès n’est pas enregistré dans le registre de l’état civil de Blodelsheim.
 
Joseph DECKER né le 11-02-1871 à Blod. fils de Georges et Marie Anne MEYER, âgé de 46 ans, est tué en 1917 – le décès n’est pas enregistré dans le registre de l’état civil de Blodelsheim.
 
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Laurent DECKER et Eugène DECKER, deux frères, fils de Xavier DECKER et Marie, née THUET

Alois THIERRY et André THIERRY, deux frères, fils de Jacques THIERRY et Madeleine, née THUET

Ces deux familles ont perdu chacune deux fils dans cette terrible guerre et ne durent jamais faire leur deuil du décès de leurs fils, cela a dû ruiner le restant de leur vie. Pour les autres familles ce fut pareil !
 
Emile DECKER – Blodelsheim.
 

Photos de la famille de Blaise Gaba en 1910 (Blaise : maire de Blodelsheim de 1917 à 1919) dont la famille fut brisée ! Deux fils, Aloïse et Joseph furent soldats allemands. Joseph reviendra de la guerre de 14... son frère Aloïse, non. Il est déclaré mort le 25 août 1918 du côté de Bapaume (Hauts-de-France). Sa tombe ne put être identifiée !

Voici trois images mortuaires de soldats Blodelsheimois de même nom : Thierry.

Deux frères : Aloïs Thierry, mort à Sarrebourg le 20 août 1914 et André Thierry, mort en Russie le 29 juillet 1915.

Et Xavier Thierry, mort en Russie le 28 août 1915.

Premier monument aux morts qui fut placé dans le transept sud de l'église paroissiale, sans doute dès la fin de la guerre, peut-être au début des années 1920 ?

Après la signature de l'armistice le 11 novembre 1918, l'Alsace-Moselle reviennent à la France. Les soldats alsaciens-mosellans auront les mêmes reconnaissances que les soldats français.

Ci-contre un diplôme remis à Georges Fohrer de Biesheim, grand-père de Paul Fohrer.

Les années d'après-guerre les garçons revenus de l'enfer se sont parfois réunis sous l'églde de l'U.N.C.  soit l'Union Nationale des Combattants pour porter témoignage de leurs camarades qui ne sont pas revenus et revendiquer certains droits !

Lors de la fête de la Libération après la seconde guerre mondiale, le 2 septembre 1945, on n'oublia pas d'associer les anciens de la Grande Guerre à Blodelsheim, ainsi Émile Winckler, grand invalide de guerre.

Témoignage de guerre de Eugène Sitterlé qui habita dans la rue Alma à Blodelsheim. Il fut écrit en allemand, Eugène Sitterlé fit partie de cette génération dans une Alsace allemande et n'avait donc appris que l'allemand et s'exprimait en alsacien.

Dans sa vie Eugène Sitterlé vécut aussi la Deuxième Guerre mondiale avec notamment l'Exode à Gimont.

Sont présentés là une partie des photos et textes des archives d'Émile Decker qui rappellent le lourd tribut des enfants Blodelsheimois morts sur les champs de batailles où qui sont revenus meurtris de cette terrible Première Guerre mondiale.

 

Aloïs Sitterlé comme tout ceux de sa génération, changea plusieurs fois de nationalités.

Ils naquirent allemands, puis devinrent français en 1918, à nouveau allemands de 1940 à 1945, puis français à la fin de leur vie !

Aloïs Sitterlé (1871-1954) fut maire de la commune de 1936 à 1940 et un court moment en 1945. Il fut à la tête des villageois lors de l'Exode à Gimont en 1939-1940.
Paul Pflieger (1884-1937) fut lui aussi soldat allemand, il fut fait prisonnier en 1917-1918. En 1930 il fut le 1er président de l'U.N.C. locale.

Paul Pflieger fut fait prisonnier en 1917 et 1918 à Pavlovski Possad à l'est de de Moscou * .
* Lieu identifié grâce à l'aide de l'ambassade de Russie à Strasbourg.

Il envoya deux courriers à son épouse, un le 21 novembre 1917 et l'autre le 3 janvier 1918. Ces courriers furent conservés par sa belle-fille Liliane Pflieger.

Voici la premier courrier écrit le 21 novembre 1917.

Ce courrier, écrit le 21 novembre 1917 semble n'avoir été expédié que le 24 décembre 1917. Il fut adressé à Frau Paul Pflieger, non à Blodelsheim, mais à Uffheim où retourna Marie, son village natal. Incontestablement ce courrier passa par la censure !

Retranscrit ce courrier ci-contre.

En 1917 et 1918 Paul Pflieger fut donc emprisonné dans le camps de prisonniers de Pavlovski Possad à l'est de Moscou.

Deuxième courrier écrit le 3 janvier 1918.

Ces deux courriers ne parlent que de l'espoir de se revoir en bonne santé et les interrogations qu'eut Paul Pflieger sur les êtres chers à Chalampé, Uffheim et Blodelsheim.
La censure ne permit pas d'évoquer le front et les considérations militaires.

Retranscrit ce courrier, ci-contre.

À la fin de la guerre, Paul Pflieger reviendra sain et sauf à Blodelsheim. Avec son épouse Marie, ils eurent sept enfants :
Charles (1913, décédé de la scarlatine en 1922), Reine (1915, mariée à M. Anthony), Marthe (1917, mariée à un officier français M. Wagner qui se réfugia en Suisse durant la Seconde Guerre mondiale, puis rallia la France), Angèle (1920, mariée à Pierre Werner), Alice (1921, mariée à M. Barthelmebs), Alvine (1925, mariée à Pierre Hassler) et Paul (1928, marié à Liliane).

Paul était originaire de Chalampé où son père fut Dammeister soit surveillant du Rhin.
En 1930, il fut le premier président de l'U.N.C. de Blodelsheim.
Paul décéda en 1937. Marie, son épouse continua à gérer la boucherie face à l'église dans la rue du Rhin (aujourd'hui rue du Canal d'Alsace) jusqu'en 1951, elle fut fondée vers 1912 ~.
La maison fut construite par un médecin américain au XIXe siècle ?
Renseignements fournit par Liliane qui prit la succession de la boucherie avec son mari Paul, fils en 1951.

Image mortuaire de Paul Pflieger.

Source : Liliane Pflieger, novembre 2021.

Nous vous présentons à présent un document inédit.

C'est un mémoire qu'a écrit Albert Witz en 1982 pour ses petits-enfants. Il raconta, la vie quotidienne à Blodelsheim "à l'arrière" pendant la Grande Guerre. Son papa Albert est au front, soldat allemand... sa maman Émilie tombe gravement malade en 1916 ! Albert, de même prénom que son papa, est l'ainé des 7 enfants d'Albert et Émilie. Il raconta le drame de sa famille, dans ces années 1914 à 1921. Son papa rentra de la guerre en décembre 1918, détruit. Albert, le fils, alors tout jeune se souvient de l'inhumanité de la guerre... mais aussi de la dureté à Blodelsheim même !

Publié avec l'autorisation de Monique Gény-Witz, la fille d'Albert Witz.

Albert Witz (1908-1986)
ci-contre avec son épouse Stéphanie fut donc le fils ainé d'Albert Witz (1879-1932)

Albert Witz de Blodelsheim revint vivant de cette terrible guerre.
"Vivant mais détruit".
Il fut gazé par deux fois.
Tout sa vie il souffrit d'insuffisance pulmonaire.
Il est décédé à l'âge de 53 ans à Blodelsheim.

Un grand merci à Monique Gény-Witz, Rixheim pour avoir autorisé la mise en ligne du Mémoire de son papa.


Voici le tragique destin de la famille de Xavier Decker (1870-1929) et son épouse née Maria, née Thuet (1870-1942) qui habitèrent dans l'impasse du Centre qui virent partir leurs 3 fils à la Grande Guerre... deux n'en revinrent pas !

En 1915 ils apprirent par courrier, le décès de Laurent, tué le 5 janvier à Hulluch dans les Hauts-de-France puis Eugène à Eckengraf en Lituanie (?) (voir la liste des Blodelsheimois morts dans la Grande Guerre plus haut dans ce thème). Le facteur leur apporta deux cylindres cartonnés avec les images ci-dessous...

Laurent Decker fut inhumé au cimetière allemand de Lens-Sallaumines où sa tombe est identifiée.

Après le décès de Laurent puis Eugène, le troisième frère Joseph fut démobilisé par les autorités militaires allemandes. Joseph aura 4 enfants, dont l'ainé, né en 1918, sera Malgré-Nous dans la Deuxième Guerre mondiale où il succombera lui aussi. Cette famille vécut dans l'impasse du Centre à Blodelsheim. Tragique destin, disions-nous !

Un grand merci pour les témoignages de René Brun et d'avoir permis de photographier ces documents qu'il a conservés et l'aide de Jonathan Brun pour la photo de la tombe de Laurent Decker.

Source : Mme Illencsik du service des archives de la Ville de Lens-Sallaumines avec l'aide de Claude Herold, historien local de Turckheim, spécialisé dans la recherche de sépultures d'incorporés de force dans Seconde Guerre mondiale.

Ci-contre un détail de l'arbre généalogique des Decker qui permet de situer et comprendre la généalogie de la famille de Xavier Decker, ses enfants et petits-enfants.

Dans ce thème on s'est posé la question du ressenti que ces garçons alsaciens-mosellans ont pu avoir dans cette Grande Guerre. En 1995 un des derniers soldat alsacien de la Grande Guerre fut interviewé, sont témoignage fut édifiant...

Ci-dessous une célébration parmi d'autres du 11 novembre 2021 où il est mis l'accent sur cette fraternité entre la France et l'Allemagne aujourd'hui, mais aussi pour rappeler qu'en 1914-1918 les soldats alsaciens-mosellans ne furent pas des Poilus mais des Feldgrauen car l'Alsace et la Moselle furent allemandes !

Ce thème sera complété...

Novembre 2021