La Révolution française et Blodelsheim 

Présentation de façon sommaire des années 1788 à 1790 à Blodelsheim dans le Mi Dorf (Mon village) N° 12 en 1989.

Présentation de façon sommaire des années 1791 à 1800 à Blodelsheim dans le Mi Dorf N° 13 en 1990.

Pour celles et ceux qui veulent en savoir plus...

Mi Dorf N° 28 de juin 1998
L'abbé Caspar Marbach, curé de Blodelsheim dans la tourmente !

Le curé Thuet de Rumersheim et le curé Lang d’Ottmarsheim fuient de l’autre côté du Rhin à Steinenstadt, n’étant pas prêtres « jureurs » ils étaient recherchés par les révolutionnaires.
Ils reviendront en Alsace en 1795 après la fin des années de la Terreur.

Ces billets furent remboursables sur le produit de la vente des biens du clergé !

Mariages à Blodelsheim de soldats lors des années de la Révolution française

Les conscrits Blodelsheimois dans les années 1798 et 1799

Les conscrits Blodelsheimois... déserteurs !

Trois soldats révolutionnaires décédèrent à Blodelsheim en 1792

Dans l'ouvrage de référence sur le sujet : "Histoire de la REVOLUTION FRANCAISE dans le DEPARTEMENT DU HAUT-RHIN 1789-1795"
de A.A. Véron-Réville. Éditions du Rhin de 1989, il est fait mention de Blodelsheim...

La dureté des Révolutionnaires fut évidente, en 1793 les populations furent durement éprouvées le long du Rhin... et le curé de Blodelsheim : l'abbé Marbach dans l’œil du cyclone !

Voici des extraits de l'ouvrage cité où apparait la situation des villages le long du Rhin et celle du curé local.
 

Évoquons à présent un combattant de l'armée révolutionnaire qui continuera son service dans la Grande Armée napoléonienne : Jean Christophe Charrue.

Comme nous l'avons vu plus-haut, Jean Christophe Charrue, de l'armée révolutionnaire s'est marié à Blodelsheim en 1796, voici ce qu'Émile Decker a trouvé sur lui. Un enfant : Laurent, est issu de son mariage avec Madeleine Jecker.
Le militaire continuera son service dans l'armée napoléonienne. Un courrier prouve qu'il s'enquiert de l'éducation de son fils.
Jean Christophe Charrue ne reviendra plus jamais à Blodelsheim !
Est-il mort dans une des nombreuses campagnes napoléoniennes au début du XIXe siècle ?
Ci-dessous aussi, la 1ère fiche généalogique de la famille Charrue qui perdura exactement deux siècles à Blodelsheim.

Cette lettre fut donc envoyée d'Hanovre de l'Électorat du Hanovre du Saint Empire Romain Germanique.
Jean Christophe Charrue dut faire campagne dans ces contrées avec la Légion hanovrienne à l'époque. Plus tard cette Légion fera la guerre d'Espagne. Qu'est devenu Jean Christophe Charrue dans tout cela ? Est-il mort au combat ?

Il serait bien sûr intéressant de le savoir !

L'Alsace dans le contexte général de la Révolution française
 
L’enthousiasme général des Alsaciens pour la Révolution, est un phantasme propagé par le Roman national. Le saccage des églises, les tentatives d’éradiquer la langue maternelle, tout comme les réquisitions des hommes, des chevaux, du matériel et de la nourriture ont du mal à passer. Les Révolutionnaires français se mettent l’Europe à dos, en annexant de nombreux territoires qu’ils prétendent libérer. Ils ont besoin d’une armée pour mener à bien leurs ravages. Celle-ci manque de tout : vêtements, armes, fers pour les chevaux et nourriture qui sont réquisitionnées.
Par manque de volontaires, les Alsaciens subissent une chose inconnue : l’incorporation de force dans l’armée du Rhin. Ils sont mécontents et se sentent plus proche des Autrichiens et des Prussiens que des Révolutionnaires venus d’Outre-Vosges. Le Directoire recense partout en Alsace de nombreuses désertions. Pour tenter d’y palier, les soldats sont envoyés loin de leurs foyers.

Réquisitions

Sont concernés par la réquisition : tous les hommes âgés de 16 à 25 ans et les veufs sans enfants ou célibataires de 25 à 40 ans. Le pourcentage de déserteurs est énorme. C’est une catastrophe pour les paysans à qui on eniève des bras précieux à la ferme.
« Sont exceptés de la réquisition : les meuniers, boulangers, postillons à raison d’un par 4 chevaux, les infirmes notoirement connus, les membres de directoires de département et de district, les maires, procureurs et greffiers des communes, les juges de paix, l’accusateur public, les juges du tribunal criminel et autres fonctionnaires publics dont les fonctions ne peuvent être interrompues ».

 Mai 1790

Le Rhin devient frontière, les Alsaciens sont séparés des autres peuples germaniques.

C’est une catastrophe pour les riverains, des familles sont séparées par une frontière. Le commerce est gravement affecté. Les industriels français voient d’un mauvais œil une nouvelle concurrence. Les indiennes seront lourdement taxées.

 20 avril 1792

Déclaration de guerre de la France à l’Empereur d’Autriche. La décision est prise par l’Assemblée législative.

Année 1793

31 janvier : Déclaration de Danton :
« Les limites de la France sont marquées par la nature. Nous les atteindrons à leurs quatre points : à l’Océan, aux bords du Rhin, aux Alpes et aux Pyrénées. »
23 février : Loi concernant les réquisitions d’hommes.
 Les représentants du peuple et les généraux sont autorisés à réquisitionner tous les citoyens dont ils ont besoin.
23 février : Mobilisation de 300 000 hommes décrétée par la Convention.
Chaque citoyen est invité de se munir d’un bon vêtement, de 2 chemises, de 2 paires de souliers et de 2 paires de bas. Les municipalités sont chargées de réquisitionner vivres et armes.
2 mars : Annexion de la principauté de Salm-Salm. La principauté est rattachée au département des Vosges.
25 mars : Annexion du pays de Porrentruy renommé Mont-Terrible. C’est l’ancien évêché de Basel - Bâle à l’exception de la seigneurie de Schliengen.
22 Août : Première levée de troupes pour défendre le nord de l’Alsace
Le tocsin sonne dans le secteur de Weissenburg, les hommes doivent fondre sur les ennemis de la France, munis de piques, de sabres, de fusils, enfin, tout ce qui peut être utile pour se défendre. Les Alsaciens réfractaires sont menacés : « Tout citoyen de la 1ère levée marchera et quiconque s’y refusera, à moins qu’il ne soit infirme ou hors d’état de porter les armes, sera censé émigré et ses biens confisqués au profit de la nation ».
 23 août : Loi concernant les réquisitions d’hommes
Les citoyens non mariés ou veufs sans enfants marcheront les premiers, ce qui implique que les autres citoyens sont dans le cas de marcher lorsque l’urgence oblige les généraux ou les représentants du peuple à les requérir. Les administrateurs locaux préviendront, en conséquence, leurs concitoyens, de cette interprétation des lois et les inviteront à rejoindre l’armée ; ils emploieront la gendarmerie, s’il est nécessaire, les récalcitrants seront considérés et punis comme émigrés.
 28 août : Afin de limiter les désertions les bataillons de Colmar et Altkirch sont envoyés à Weissenburg.
10 Septembre : Seconde levée de troupes
« Faites de suite sonner le tocsin pendant 48 heures ; que tout citoyen de 18 à 45 ans se prépare ; toute arme est bonne, piques, pelles, haches, pioches et fourches. Qu’on se munisse de vivres pour 12 jours, pour pouvoir partir au reçu de l’arrêté que vous recevrez incessamment. Les communes situées dans les 2 lieues de la rive du Rhin se tiendront prêtes comme les autres, mais ne sonneront point le tocsin. A Colmar, au Conseil Général du département du Haut-Rhin, le 11 Septembre 1793, l’an second de la République et le premier de la Constitution populaire; Par ordonnance : Signé : Jourdain, Secrétaire »
11 septembre : Réquisitions alimentaires
Des Commissaires sont nommés « aux fins d’aviser tous moyens de procurer les denrées en la plus forte quantité possible ». Ils sont chargés d’établir des battues dans les granges des citoyens, de choisir et de commander à cet effet les personnes qu’ils croient capables de ce travail, de les y contraindre par toutes voies, même par emprisonnement en cas de refus, de surveiller l’opération ainsi que le produit de leurs travaux. Ils obligeront également les propriétaires à faire l’ouverture de leurs granges par toutes voies de droit et de rigueur. Ils disposeront des moulins pour le bien général.
 11 septembre : Loi concernant les réquisitions d’hommes
Les représentants du peuple requièrent les administrateurs de faire une liste exacte de tous les citoyens qui refuseraient de marcher sans être dans le cas d’une des exceptions prévues ci-dessus. Ils seront traités comme rebelles et ennemis de la République : leurs biens seront confisqués au profit des citoyens peu aisés de la masse ». « Le Directoire ordonne que non seulement les citoyens de 18 à 45 ans, mais aussi les célibataires de 45 à 50 ans marcheront ».
16 septembre : Tentative de passage du Rhin
C’est un échec, les bateliers refusent d’obéir aux représentants du peuple, et de jeter un pont de bateau en travers du fleuve.
18 septembre : Prises d’otages par le Directoire du Haut-Rhin
De nombreuses villes dont Pfaffenheim et Gueberschwihr sont en rébellion contre la Révolution. Les habitants les plus riches sont emmenés en otages à Belfort afin de faire plier leurs fils rebelles.
25 septembre : Emprisonnement d’insoumis à Colmar
Les prisons sont insuffisantes pour contenir tous les réfractaires de la première levée. Sur ordre du Directoire du Haut-Rhin, ils sont transférés au couvent des Augustins, jusqu’à ce que le Tribunal révolutionnaire se prononce sur leur sort.
28 septembre : La désertion dans l’armée du Haut-Rhin est considérable
Des pénalités sont ordonnées contre les réfractaires : tout citoyen de la marchera et quiconque s’y refusera, à moins qu’il ne soit infirme ou hors d’état de porter les armes, sera censé émigré et ses biens confisqués au profit de la nation.
 1er octobre : Arrêté du Directoire
« Des lâches se sont enfuis dans les forêts ou sont restés chez eux. Ils n’ont pas profité de ce moment heureux pour effacer l’empreinte de l’opinion générale dans laquelle ils étaient déjà tarés à raison de leur conduite incivique.
 Les communes sont mises à l’amende en fonction du nombre de leurs réfractaires.Citons aussi qu’un témoin rapporte que 5.000 rebelles ont été vus dans la Baroche. Nous avons vu que le Département demandait, en même temps que les listes des déserteurs, les noms des citoyens pauvres des communes. Une pièce du 27 Brumaire an II nous en donne l’explication. Les communautés furent punies d’une amende en raison du nombre de leurs réfractaires.
13 octobre : Invasion de l’Alsace par l’armée autrichienne
L’armée autrichienne commandés par l’Alsacien Sigmund Wurmser envahit le nord de l’Alsace et s’aventure jusqu’aux fortifications de Straßburg. L’armée française du Rhin, commandée par le général Pichegru est battue. Wurmser et ses régiments sont accueillis en libérateurs par la population alsacienne.
14 octobre : Victoire de Wurmser à Weissenburg
17 octobre : Décret du Directoire du Haut-Rhin
« Le Directoire du Haut-Rhin se détermine le 17 Octobre 1793 à punir de la peine de mort les hommes de la levée en masse qui refusaient de rejoindre leurs Bataillons ».
29 octobre : Victoire de Wurmser à Hagenau
26 décembre : La grande fuite de décembre 1793.
Les volontaires de Hoche prennent le Geisberg à la baïonnette en criant : « Landau ou la mort ». Lors du repli des Autrichiens, près de 30.000 habitants du nord de l’Alsace, bourgeois, curés, nobles, ouvriers et paysans, fuyant la terreur, quittent la région et se réfugient en Pays de Bade, en Bavière, au Palatinat ainsi qu’en Suisse.
30 décembre : Les Autrichiens abandonnent l’Alsace et repassent le Rhin

1794

3 janvier 1794 : lettre de la baronne Bode à sa sœur
« Les patriotes ont de nouveau occupé toute l’Alsace, défait entièrement les Allemands et commis les plus terribles excès, égorgeant de la façon la plus inhumaine tout ce qui leur tombait sous la main, vieillards, femmes et enfants… Toute cette partie de l’Alsace est dans la désolation ; tous ceux qui ont pu le faire se sont enfuis. On se pressait tellement pour passer le Rhin qu’il était impossible à tous d’y parvenir et que les mères, avec leurs petits enfants dans leurs bras, se sont jetées dans le fleuve et s’y sont noyées plutôt que de tomber entre les mains de ces monstres sans pitié.

...ceci est un point de vue des contributeurs du site : Alsaciae.

1789 - 1989

Le bicentenaire de la Révolution française fut fêté en grande pompe dans toute la France... à Blodelsheim aussi.


Sous l'égide de la MJC, association organisatrice, le village vécut le 23 septembre 1989 une soirée mémorable dans la salle des fêtes à laquelle participèrent toutes les associations du village.

Ce thème sera complété ultérieurement...

Patrick Decker, Blodelsheim, octobre 2021.